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Agressions sexuelles, harcèlement, violences, j’ai de tout en magasin #MeToo

#Denoncetonporc #MeToo, ça y est, depuis l’affaire Weinstein la boîte de pandore est ouverte. Enfin les femmes de tous milieux, de toutes professions, et de tous âges balancent ce qu’elles vivent au quotidien, agressions sexuelles, harcèlement au boulot ou ailleurs…

Je me suis tâtée, écrire, ne pas écrire, parler, me taire.
Mais cette libération de parole a réveillé en moi quelques souvenirs pas très jolis que j’avais enfoui dans ma mémoire. Il faut que ça sorte.

Le premier flash qui m’est revenu est cette période fin des années 80, alors que j’avais une petite trentaine. Je travaillais à Ecquevilly dans les Yvelines. Le patron de la boîte, la soixantaine, était odieux et ne cessait de m’appeler dans son bureau en me traitant de salope devant mes collègues. Il voulait coucher avec moi et j’avais refusé.
Son bureau était à l’autre bout du long couloir qui nous servait d’open space et il me hurlait au dessus des têtes penchées « Viens ici salope, et que ça saute ! ».

Je sortais d’un divorce difficile. Mon ex mari était un manipulateur, violeur, harceleur, et il me battait. Et là tout de suite après je me suis retrouvée face à un patron harceleur.
Je ne savais plus ce qui était normal ou pas. J’étais dans un état de culpabilité permanent.
Il me convoquait dans son bureau uniquement pour me faire des propositions salaces. Un jour il s’est même couché par terre en me disant « Viens me sucer salope ».
Un autre j’ai eu tellement honte de ses hurlements grossiers après moi devant tout le monde, que j’ai fini par me laisser faire pour qu’il arrête.
Oui je voulais que ça s’arrête. Mais mes collègues témoins du harcèlement m’ont dit qu’ils se tairaient si je parlais. Ils avaient peur de perdre leur job…
J’ai fini par démissionner, et je n’ai rien dit à personne.

Perdue, seule, pas entourée, mes deux enfants encore en bas âge à ma seule charge, ce fut vraiment une période noire.

Je ne l’avais jamais aguiché, mais  je me sentais sale et honteuse. Je pensais que c’était forcément de ma faute.
Lui, il avait tout simplement profité de son pouvoir et de ma fragilité dues à mes blessures toutes fraîches, tel un prédateur qui joue avec sa proie avant de l’achever.

Mais il ne fut pas le seul à profiter de la situation. la plupart des hommes que j’ai rencontré par la suite dans cette région, sous prétexte de vouloir m’aider, me proposait la botte.
Il y a même eu cet avocat, pote d’une connaissance également malsaine. Confortablement installé dans son fauteuil, il m’a suggéré  me toisant du regard, de faire des passes dans son milieu pour gagner un peu d’argent. Je lui ai rétorqué avec force qu’il était hors de question que je m’abaisse à faire ça et que je saurai très bien me débrouiller toute seule. Il m’a envoyé un billet à la figure en me lançant « Et bien tiens puisque tu es si maline, rentre donc chez toi avec ça ! »

J’ai fini par déménager loin avec mes deux enfants sous le bras, sans garder le moindre contact, et là non plus je n’ai rien dit. Oublier, surtout oublier toutes ces humiliations et ces violences, essayer de me reconstruire. Ça n’a pas été si simple, il y en a eu d’autres qui m’ont encore une fois fait fuir ailleurs…

Dans la série agressions sexuelles, je me suis aussi souvenu de ce billet que j’ai écrit il y a quelques années en arrière, Caroline à Monaco, où je rapporte ce que j’ai vécu quand j’avais environ 6 ans. Dans ce billet je n’ai même pas osé parler en mon propre nom même après tout ce temps passé. Mais c’est tellement évident qu’il s’agissait de moi.

Il y a aussi eu ce jeune homme qui m’a poussée contre des sacs à patates en toile de jute pour ensuite me plaquer son corps contre le mien et me fourrer sa langue dans la bouche de force, alors que je n’avais rien demandé. J’avais une dizaine d’années. Nous étions venus déjeuner avec mes parents dans ce restau proche de la maison. Et pendant que les adultes prenaient le digestif, la patronne avait demandé à l’un de ses fils de me faire visiter les lieux.
Ben tu parles !!! Il m’a aussitôt entraînée en bas dans la réserve. Heureusement j’ai encore été sauvée, cette fois par l’appel de mon père au moment de partir. Là non plus, honteuse, je n’ai rien dit. C’était des amis de mon père. Je n’ai jamais revu le jeune homme. Il est décédé quelques temps plus tard dans un accident.

Toute ma vie j’ai du faire face à ce rapport de domination, et d’abus de pouvoir des hommes sur les femmes. Une femme seule, c’est tellement une proie « facile » !

A moindre dégâts, il y a aussi eu plus récemment dans ma période quinqua, ces bons conseilleurs qui se sentent investis de t’expliquer ce que tu dois faire de ta vie, toi, pauvre femme divorcée, livrée à toi-même qui doit forcément avoir besoin d’un homme pour s’en sortir. J’ai bien sûr envoyé balader ces  marieurs.

Il y a aussi celui bien marié, bien libidineux, et bien plus âgé que moi, qui me disait à chaque fois que je le croisais : « comment ça ? t’es toujours toute seule ? tu n’as toujours pas de petits copains ? Mais quand tu veux je suis là moi, si tu as besoin d’un peu d’hygiène. » sic !

Il y a aussi le comportement de certains employeurs potentiels au moment de la recherche d’emploi. C’est parfois gerbant.
Ou encore les rumeurs et réflexions crétines de certains hommes sur ma sexualité parce que je ne couche pas.
Il y a aussi ceux qui m’ont inventé une vie de coureuse parce que je suivais une équipe de sport pour l’ambiance de ce sport que j’aime. Une femme seule, dans leurs petites têtes, si elle était là, c’était obligatoirement parce qu’elle cherchait à « se taper » un mec. J’ai fini par m’éloigner de ces gens pour m’enfermer dans ma solitude, trop d’allusions malsaines, trop d’humiliations. J’ai appris des années plus tard qui était le mec que j’étais censée vouloir me taper d’après eux, marié bien sûr. J’ai compris à ce moment là l’attitude des femmes à mon égard. Leurs maris se faisaient leur cinéma sur mon dos. Sic !

Et je ne parle même pas des mecs qui m’ont suivie dans la rue à la sortie du métro quand j’étais plus jeune, ou mis la main aux fesses,ou hélée grossièrement dans la rue, et j’en passe… ça c’était la routine !
Bon ok, ça se tasse un peu quand on prend de l’âge. La chair fraîche est bien plus intéressante pour eux !

Aujourd’hui, je suis étonnée par ces hommes et même ces quelques femmes (le comble) qui semblent découvrir en suivant le hashtag du moment #balancetonporc ce que les femmes vivent en général. Ma parole, sortez de votre petit confort et ouvrez les yeux pour de bon !
Je suis dégoûtée par ceux qui en rajoutent avec leurs réflexions basses et sexistes sur le sujet au lieu de compatir et soutenir. Non la vraie vie n’a rien à voir avec les émissions de la télé réalité. Déconnectez-vous de ces merdes. Pff là il y a du vraiment du boulot pour récupérer le cerveau de ces gens  imbibés par la boîte à cons !!!
Je suis agacée par cet avocat qui déclare qu’il est facile d’agir quand on est harcelée, ou agressée. Un mec bien sûr…  YakaFoKon !
Non, au jour d’aujourd’hui ce n’est pas facile, d’autant que la victime est aussitôt considérée comme une coupable !!!  De plus c’est compter sans l’amnésie traumatique quand on a subi une violence. Personnellement certains faits me sont revenus des années plus tard.  Il est fort probable d’ailleurs que ma mémoire ne soit pas encore complètement libérée.

J’espère que tous ces témoignages vont réellement changer les mentalités et casser cette “culture masculine” imposée par les religions et des siècles de patriarcat.
J’espère qu’il y ait une réelle prise de conscience de la part des hommes, et qu’ils se sentent concernés par l’ampleur du phénomène.
J’espère qu’ils changeront enfin de comportement.
J’espère que la violence à l’égard des femmes ne soit plus banalisée.
J’espère que les gens (aussi bien hommes que femmes) arrêtent enfin de vivre dans le déni face aux violences sexuelles et pratiques culturelles contre les femmes dans le monde.
J’espère… Malheureusement quand je lis certains commentaires haineux sur les RS, il y a peu d’espoir que ça change.  En général il en ressort que c’est toujours la femme qui l’a bien cherché.

D’ailleurs mon père avait déclaré un jour à table devant un copain invité « quand une femme est battue, c’est qu’elle l’a bien cherché« .  J’étais visée par le réflexion. C’est violent quand on a longtemps été battue. Ça marque ! Le copain, quant à lui, a vraiment été choqué…

Stop à la violence à l’égard des femmes !

J’ai failli oublier. Pourtant aujourd’hui est un jour très important. C’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Quand j’étais plus jeune, j’ai longtemps subi la violence masculine. Humiliations, rabaissements, coups, insultes, harcèlement moral, discriminations, je croyais que ça faisait partie de la normalité des choses… Aujourd’hui, je ne laisse plus jamais, au grand jamais, quiconque me prendre pour son souffre-douleur ou son punching-ball. Je ne laisse plus jamais quiconque ruiner ma vie.

La violence n’est pas normale, elle ne doit pas être banalisée. Les injures, les humiliations, les coups, les viols, les tortures sous prétexte de traditions culturelles barbares, comme l’excision ou l’infibulation, nous devons lutter contre ça. Ne laissons pas la violence s’installer, réagissons et parlons-en !

Pays de la honte

Ca m’écoeure, ça me dégoute, ça me révulse, à chaque fois quand j’entends des nouvelles comme celles là aux infos ! Toutes ces bandes de voyous, de délinquants, de vandales, de criminels en puissance qui profitent d’un évènement sportif pour s’attaquer en masse à des gens qui ne répondent pas à leurs critères ethniques, c’est à gerber ! J’ai même pas assez de mots pour décrire ce que je ressens !

Et je parie qu’encore une fois c’est ceux qui se sont défendus comme ils ont pu contre cette meute enragée et incontrôlable qui vont être pointés du doigt, c’est honteux !