Solitude
Georges, je m’enfermais dans ma chambre et je l’écoutais en boucle sur mon mange-disque rouge quand j’étais ado, déjà seule et solitaire…
Mon enfance est si loin, il est déjà demain…

Il y avait un jardin..
J’aimais sa voix et ses chansons. Ses textes me faisaient à la fois rêver et réfléchir. Il dégageait douceur et tendresse… RIP
Quand je lis le billet de Princesse 101 qui dit qu’elle a des problèmes de riche parce qu’elle a un CDI, je me dis que je n’en suis pas loin. Et oui nous sommes cernées par les chômeurs et les précaires, alors c’est sûr avoir un CDI aujourd’hui qui ramène un salaire à la fin du mois, c’est comme descendre de la lune. Et on peut se sentir à part, en effet, avec nos petits problèmes d’actifs parmi tous nos camarades chômeurs qui galèrent comme des bêtes et qui ont eux, de vrais problèmes bien plus graves à gérer.
Il est vrai en tous les cas que, depuis que j’ai un CDI, plus que des « problèmes de riche », j’ai surtout des problèmes d’isolement pire que lors de mes longues périodes de chômage. Si Si !
Quand j’étais au chômage j’étais hyper occupée 24h sur 24h à défaire et refaire mon CV, à répondre aux annonces, à faire de la veille techno, à bloguer, et surtout à voir du monde pour montrer que j’étais toujours active, bref à réseauter.
Et aujourd’hui je suis hyper occupée par une vie totalement routinière maison/boulot, où je ne rencontre plus personne, et où je ne parle quasiment à plus personne non plus, dans un poste sans surprise coupé de l’extérieur, le cul devant mon ordi toute la journée.
Donc voilà, contrairement à ce qu’on pourrait croire, le désert s’est encore plus installé autour de moi depuis que j’ai un CDI. Parce que oui maintenant tu comprends tu bosses, donc tu ne peux plus sortir la semaine parce que tu bosses le lendemain, et le Week-end, les gens que tu ne voyais que la semaine dans diverses réunions quand tu ne bossais pas, et bien tu ne les vois plus du tout, donc tu les as perdu de vue… et comme tu ne vois plus personne, tu es tombée dans les oubliettes.
Je continue bien à faire de la veille en douce pour ne pas perdre le fil des évolutions techno, mais question réseautage autre que virtuel, c’est mort ! surtout quand tu es dans une boîte qui ne communique pas avec l’extérieur.
Résultat, ce CDI m’a complètement désocialisée.
Je me rappelle l’allusion d’Agnès sur la désocialisation que pouvait entrainer un CDI dans une telle boîte. J’avais émis des doutes et j’avais surtout répondu que oui peut-être, mais j’allais avoir un salaire à la fin du mois, et ça ça n’avait pas de prix.
Et bien si, le prix du CDI, surtout quand on n’a pas le choix du poste quand on vient d’un chômage de très longue durée, c’est l’isolement aussi bien physique qu’intellectuel !
Mais bon ne nous trompons pas, ceci n’est pas une plainte, juste une constatation, pour donner raison à Agnès, et rebondir sur le billet de Princesse101 qui n’a pas tord non plus.
De toute façon, ayant connu les deux situations chômage/taff, je préfère sans aucun doute avoir un CDI, même si je suis encore plus isolée qu’avant. Parce que oui, j’ai un salaire qui tombe à la fin du mois, parce que oui j’ai cette sécurité tant espérée après avoir vécu la pauvreté. Et que si ça me pète de m’évader vers un autre univers pour me changer les idées, genre vacances à l’autre bout du monde, et bien maintenant je peux le faire ! Heu enfin presque… On a beau avoir « des problèmes de riche » par rapport aux chômeurs quand on a un CDI, on n’est pas riche pour autant
.
Ce soir j’ai le coeur gros. Encore une fois j’ai appris que j’ai été exclue d’une fête de famille.
Les mariages, les noëls, les anniv., les big fêtes qui rassemblent tout le monde, je n’ai droit à rien ! même les enterrements, et oui je ne fais pas partie des intimes il parait…
J’ai du faire quelque chose de vraiment très grave dans une autre vie pour que cette famille qui est la mienne ne veuille pas de moi, de mon affection, pour qu’elle me traite comme une étrangère depuis toute petite, me laissant seule face à mes questionnements et mes larmes.
Toujours traité à part le vilain petit canard…
Bon et bien voilà, vous ne voulez pas de moi lors de vos réunions familiales, vous m’ignorez depuis des décennies, me laissant patauger dans mon incompréhension, ma peine et ma solitude, parfois même dans ma misère. Vous ne me trouvez pas assez bien pour vous, pour que vous m’acceptiez en votre sein, alors que je suis votre fille, soeur, tante, cousine…
Et bien rassurez-vous, je vais vous soulager d’un poids. Je ne veux pas de vous à mon enterrement, personne, je dis bien PERSONNE ! 0 membre de ma famille. C’est pas la peine de vous pointer ou d’envoyer vos sincères condoléances hypocrites à mes enfants. Je préfère partir seule, sans vous, comme j’ai vécu !
A bon entendeur !
Et maintenant je vais sécher mes larmes, arrêter d’avoir envie de mourir, vous oublier, du moins essayer, et passer à autre chose, encore…
Vous pouvez continuer à faire comme si je n’existais pas !
Ben oui ça me fait de la peine ! Qu’est-ce que vous croyez ?
Chaque fois que j’ai un coup de blues, j’écoute ce morceau. Et oui ! je berce mes humeurs en musique… « Little Girl Blue » par Janis, c’est radical, j’ai des frissons, le coeur qui se serre, une montée de larmes, et…
http://www.dailymotion.com/video/x8espeEt là j’ai un coup de blues… le reuteuteu du vendredi aprèm surement avec sa baisse de pression subite.
Après la semaine remplie d’urgences, de déjeuners avec les collègues, d’échanges dans l’open space, de chambrages, de rires, de sourires, de coups de gueule, de concentration, et de boulot bien sûr ! la fin de semaine me renvoie en pleine face à ma putain de solitude.
Quand je bossais autrefois je n’aimais déjà pas les WE à cause de ça. Et puis il y a eu le chômage, l’isolement qui s’est installé encore plus avec une solitude permanente lourde et sans contraste ; avec des jours et des saisons qui se suivent et se ressemblent, noyés de larmes intérieures et remplis de luttes quotidiennes contre les fokon-yaka, les discriminations, les humiliations, et j’en passe … un gros package saupoudré de pauvreté et de précarité qui m’a fait oublier longtemps le rythme des travailleurs, du genre la semaine c’est boulot et le WE c’est… heuuu ! ah oui repos !
Aujourd’hui, alors que j’ai trouvé un job, que je bosse (le temps que ça durera, croisons les doigts), et bien que je sois vraiment très contente de ça, oh combien ! parce que bon sang que ça fait du bien de se sentir utile, et de gagner un peu de sous ! Et bien revoilà de nouveau ces fichus Week-end que je n’aime pas !
la semaine j’existe, le WE je ne sers plus à rien, je suis de nouveau transparente, et je pleure en musique… et pourtant j’en ai besoin de ces WE, je suis fatiguée comme tout le monde de ma semaine. Mais bon j’aimerais bien qu’ils soient un peu plus rigolos quoi ! et pas juste une longue pause sans rien, où je n’ai qu’à penser à cette merde dans laquelle on s’enfonce depuis des années. pff déprimant !
Finalement ma vie se passe au boulot, il n’y a que la fatigue qui m’arrête, en dehors c’est le vide (sauf exception bien sûr
)
Bon ! et bien je sens que je vais me remettre à bloguer pour meubler ces fichus WE hivernaux ! vais pas me laisser démonter tout de même, vais continuer à me battre hein ! d’ailleurs rien que le temps d’écrire, le coup de blues est déjà passé ! hop ! hop ! hop !
Il y a des jours comme aujourd’hui où je ne sais plus quoi faire de ma vie….
La collection de réponses négatives aux rares entretiens ; les « plaisanteries » désagréables des uns pour qui cherche désespérément un job en restant malgré tout actif dans les réseaux ; l’indifférence des autres ; les killers de chômeurs ; les fokon-yaka qui ne savent même pas les démarches déjà entreprises, et non je ne glande pas sur mes lauriers, et oui je fais des concessions depuis des années ; les conseilleurs qui ne sont pas les payeurs ; les profiteurs de situation ; la façade genre tout va bien dans le meilleur des mondes qu’il faut entretenir en permanence sous peine d’être traitée de négative ; le paraitre qui a pris le dessus sur l’être ; ces batailles permanentes qu’il faut mener sur un terrain hostile aux seniors ; et la solitude face à tout ça me plongent chaque jour un peu plus dans un profond désarroi.
Et je suis fatiguée, tellement fatiguée , que je ne sais plus quoi faire de moi !
Un peu de bienveillance, d’encouragements, de mots gentils et d’affection me feraient le plus grand bien pour me redonner espoir, et croire un petit chouilla en moi… Bref j’aimerais bien qu’on me caresse un peu dans le bon sens du poil de temps en temps, parce que là je sature !
Et le premier qui dit que je suis négative parce que je m’exprime en disant les choses telles qu’elles sont, je le baffe ! ça me saoule à la fin !
Maj
A ce propos, mon amie Cath me souffle dans mon oreillette facebookienne que je pourrais gagner plein de pognon en écrivant un livre du genre :
« Bridget Ménart » au pays des positive thinkers, des coachs d’entreprise, des gourous RH, des fringants politiques (mort aux assistés du RAS = voici mon programme pour 2012), des stages non rémunérés et du bénévolat.
C’est marrant comme certains ont une facilité à te balancer la phrase qui tue :
« Tu devrais te faire une raison et partir ! »
Partir ! ah le grand mot qui parait être LA solution pour régler le problème du chômage dans une région pour ceux bien installés dans leur vie pro, et qui n’ont justement aucun problème de chômage !
Partir ! ah oui j’aimerais bien partir ! en vacances surtout, et pourquoi pas dans un mobil home d’occasion sur la Côte d’Azur pour changer… Mais certainement pas ailleurs comme ça, juste pour nettoyer le plancher de ceux qui croient que l’herbe est plus verte ailleurs pour les chômeurs.
D’abord où ? et avec quels moyens ? Je me prends un mobil home d'occasion sur la Côte d'Azur, c'est ça? surtout quand on est quinqua au chômage… parce que, bien sûr, ce sont ceux qui sont à dix mille lieux des problèmes des quinquas qui vous suggèrent de partir. Ceux qui sont les premiers à ne pas embaucher du vieux, qui ne vous aident en rien :
Ah ben oui on est une startup nous, on veut du jeune du dynamique, ou on embauche que par relations, ou on veut tel diplôme, ou carrément on embauche pas.
Je ne vais pas revenir sur le sujet en long en large et en travers, puisque j’ai déjà dit ce que j’en pensais dans mon billet Suis-je encore mobile ? non, mais … Mais bon sang ! quand on me balance du « tu devrais te faire une raison et partir« , ça me blesse et ça me met en rage !
Même sans parler boulot, ils ne se rendent pas compte les gens ce que c’est que d’arriver dans une région comme ça, seule, les mains dans les poches, sans connaitre personne. Ils ne savent pas ce que c’est que de devoir tout reconstruire à zéro. Pour l’avoir fait, je sais trop ce que c’est moi ! Parce que, oui je suis partie, plusieurs fois, et justement pour le boulot ! Alors je sais de quoi je parle ! c’est du vécu ! Et partir ce n’est pas régler le problème mais le déporter, surtout à plus de 50 ans !
Aujourd’hui je ne vais tout de même pas fiche en l’air 10 ans de réseautage dans une région pour partir sans savoir où, sans un rond, sans boulot et sans logement, juste parce que certains pensent que je devrais le faire. Non sûrement pas ! Ma vie est ici !
Maintenant je l’ai déjà dit, si on me propose le pont en or, boulot/logement/salaire, alors là oui peut-être que je reconsidèrerais la question. En attentant qu’on ne me casse plus les pieds avec ça. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, sujet clos !
http://www.dailymotion.com/video/x89j2pTags: chômage, chômeurs, emploi, quinquas, râlerie, socialnetworking, solitude, vidéos
Comme la question sur ma mobilité professionnelle revient souvent, j’ouvre ce billet pour expliquer ma position sur la question et énumérer les différents critères qui me font plutôt pencher aujourd’hui vers une non mobilité.
Selon mon point de vue et mon expérience, la mobilité à 50 ans n’est plus aussi simple qu’à 20-30 ou encore 40 ans. En effet, pour avoir recommencé plusieurs fois ma vie à zéro, seule (avec mes enfants au départ) dans des villes où je ne connaissais personne, je sais que plus on prend de l’âge, plus il est difficile de construire des réseaux professionnels et privés, surtout quand on débarque sans rien quelque part, ou juste avec un boulot.
Il faut au moins entretenir 5 ans de relations assidues dans divers réseaux pour commencer à avoir quelques retours, être connue ou reconnue, pour que le bouche à oreilles fonctionne, et je ne parle pas d’intégration (et oui l’intégration est aussi valable pour les français, surtout d’un certain âge et d’un certain sexe, quand ils viennent d’une autre région
).
Aussi aujourd’hui je préfèrerais limiter ma mobilité géographique au Languedoc (Montpellier) car c’est là justement que je commence à être intégrée.
De plus, je ne peux plus assumer financièrement un changement de région. Même s’il ne me reste plus grand chose de mes 30 ans de vie de femme à trimballer, cela représente à chaque fois une grosse dépense . Comme je suis devenue une vraie pauvre avec zéro moyen, c’est bloquant.
Troisième critère, ma famille est éparpillée entre Montpellier et la Savoie en passant par Manosque, mes enfants et petits enfants étant ma raison d’exister.
Et le dernier critère qui n’est pas la moindre, j’ai un léger souci de santé côté jamabe qui fait que je suis admise en tant que travailleur handicapé catégorie A à la Cotorep. Pour ne pas m’étaler, je dirais simplement que mes os ont besoin de chaleur.
Mais je rassure tout de suite, ce léger handicap ne se voit pas quand on ne sait pas. Je le gère très bien. De temps en temps je me balade avec une canne ou une genouillère articulée, certains croient même que je me donne un genre, mais je m’en fiche.
J’apporte donc ces précisions, car on a la fâcheuse tendance à croire dans ce pays que si les gens ne veulent pas bouger, c’est qu’ils ne veulent pas travailler, alors qu’à 50 ans, quand on a déjà déménagé pendant des années pour le boulot, cela devient une question de bon sens.
Ceci dit je ne suis pas fermée, je connais des tas de gens qui font Montpellier-Paris pour leur travail. Et puis si un jour on me propose un poste en m’assurant le prix du "déménagement/logement" dans un endroit convenable qui ne soit pas le fin fond d’une banlieue à risque (j’ai déjà donné …), allez savoir … Bref tout se discute.
Mais mon rêve est quand même un jour de pouvoir enfin poser mes valises quelque part !
Tags: emploi, socialnetworking, solitude












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