Quinquas

Sophie-Noëlle le 17 septembre 2011

En ce début de mois j’ai été contactée par une journaliste freelance basée au Luxembourg. Elle est tombée sur mon blog, et elle l’a trouvé frais et plein d’humour. Et oui ! enfin une qui sait me lire entre les lignes, hin hin hin ! ce qui change de tous ces gens qui trouvent mes billets négatifs…

Bref, elle m’a demandée si j’étais intéressée par une interview pour son site NoAgeSite.com. Site qu’elle a lancé dans l’objectif de donner une autre image des quinquas que celle qu’ils ont actuellement dans la société.

Alors bien évidemment comme je suis particulièrement concernée, j’ai accepté, et voilà ce que ça donne en ligne : « Je suis tombée dans le Web quand le Web est né… »

Comme il y a quelques coupures ci-dessous l’original de mes réponses :

1/ Pourquoi cette passion pour le web jusqu’à en faire une vocation ?

Difficile à expliquer, je suis tombée dans le web quand le web est né. A cette époque, Je travaillais dans le high tech, les connexions réseaux, Internet etc…  C’était une évolution logique de ma carrière.  Maintenant, de là à dire que j’en ai fait une vocation, non. Le mot est un peu fort.

2/ Rare de trouver une quinqua dans cette spécialité. Et de surcroît, vous maîtrisez, à vous toute seule, des compétences qui, d’habitude, sont partagées par plusieurs spécialistes. Y a-t-il un âge limite pour être une experte du web ?

Je suis très flattée que vous ayez constaté cela. Il est juste dommage que les employeurs s’en rendent nettement moins compte quand il s’agit de m’embaucher. (sourire)

Ceci dit, je ne pense pas que je sois un cas aussi rare que ça, bien au contraire. Il ne faut pas oublier que le Web, né en 89, a été lancé  officiellement en 91. Parmi ceux qui ont suivi le mouvement dès le départ, il y avait beaucoup de trentenaires, les mêmes qui sont rejetés aujourd’hui en raison de leur âge. Ce sont eux qui ont contribué à l’évolution du web. Les plus jeunes ont ensuite suivi, mais leurs ainés, les quadras, les quinquas d’aujourd’hui, et les plus anciens qui sont à la retraite maintenant, n’ont pas lâchés pour autant. Ils ont acquis comme moi au cours de ces 20 dernières années ces diverses compétences, et continuent à évoluer avec les technologies.

Alors non il n’y a pas d’âge limite pour exercer l’un des métiers du Web ! De la conception à la communication/marketing, en passant par la programmation, la création graphique et la production sans oublier la formation, ces métiers sont suffisamment nombreux pour que chacun y trouve sa place selon ses expériences, et même les quadras/quinquas dont les savoir-faire ne s’envolent pas à une date d’anniversaire !

3/ Des études ont montré que les seniors envahissent de plus en plus le web et les réseaux sociaux. Que pensez-vous de ce trend ?

Je ne suis pas les études de ce genre là, d’autant moins que j’ai déjà entendu ce refrain il y a une dizaine d’années. D’ailleurs, ça me sidère que l’on sorte des trucs pareils en 2011.

Soit on est en pleine régression, soit les études racontent n’importe quoi.

Ça fait des années que la e-administration existe ; ça fait des années qu’on déclare nos impôts en ligne ; qu’on fait nos courses en ligne ; qu’on utilise les réseaux sociaux pour trouver un job, des partenaires, ou même des clients ; qu’on partage nos photos en ligne, qu’on tchat, qu’on papote sur des forums, et j’en passe…

Et là, on veut nous faire croire que les seniors viennent de découvrir que le web existe ! Oh miracle !

Non franchement ! Il faut arrêter de nous prendre pour des neuneus. De toute façon, c’est ridicule, quand on dit qu’il y a de plus en plus de quinquas sur le Web, ben oui forcément, la plupart y est depuis 10/ 15 ans, sans parler des réseaux sociaux depuis 4/5 ans.

Seulement quand ils ont commencé à s’y mettre, ils n’avaient pas encore l’âge fatidique pour rentrer dans  les statistiques.

4/ Le marché des produits pour seniors est en plein boom, comme par exemple celui des voyages, des produits de beauté, des cours de langues… Que pouvez-vous  conseiller aux entreprises qui visent le marché des seniors ?

Vue comment sont traités « les seniors » du monde du travail en France, je doute fort qu’ils puissent profiter de tous ces produits une fois à la retraite. A moins que la cible soit les seniors retraités de plus de 70 ans, ceux qui ont encore la chance aujourd’hui d’avoir une pension correcte… Et encore il n’y en a pas tant que ça !
Si vraiment dans l’avenir les entreprises veulent que les seniors dépensent de l’argent, elles feraient bien de changer de mentalité et de ne pas mettre les quadras/ quinquas au chômage, réduisant ainsi très fortement leur pouvoir d’achat.

Le marché des seniors ne peut fonctionner que s’ils ont les moyens de dépenser. Et pour qu’ils dépensent, il leur faut un travail jusqu’à la retraite avec un salaire décent pour qu’il puisse avoir une pension convenable, et pas une aumône, résultante d’années de précarité et de chômage !

5/ C’est juste ! Alors, à votre avis, ces entreprises qui, d’un côté, lancent des produits pour seniors, et de l’autre, licencient leurs employés seniors sont-elles crédibles ou sincères ?

Les entreprises ne sont absolument pas crédibles. D’un côté elles mettent les quadra/quinquas sur la paille, et de l’autre elles voudraient toucher la clientèle des +de 65 ans, leur stratégie est  totalement incohérente !

Il est temps qu’elles se rendent compte que les gens qu’elles ciblent sont d’abord des salariés avant d’être des retraités. Il est temps qu’elles arrêtent de faire de la discrimination par l’âge, et d’avoir une vision à court terme.  En licenciant et en n’embauchant pas les quinquas d’aujourd’hui, elles contribuent à leur paupérisation, et se coupent elles-mêmes d’une future clientèle. Tout le monde vieillit et vite, il ne faut pas l’oublier. Il n’y aura plus de marché des seniors possible si ceux-ci n’ont même pas de quoi payer leurs charges une fois à la retraite !

Franchement avec une telle stratégie, l’économie n’est pas prête de se redresser.

6/ Représentez-vous la senior du 21ème siècle? Si oui, comment vous définissez-vous ?

Non, je ne représente rien du tout, et surtout pas la senior du 21ème siècle, du moins je ne le souhaite pas. Parce que si tous les seniors sont dans la même situation  que la mienne, leur avenir s’annonce bien triste.

En effet, j’ai à peine 55 ans et j’ai encore au moins dix bonnes années de travail devant moi avant la retraite sans être sure d’en trouver. D’autant moins que ça fait déjà 10 ans que ma vie a basculé dans le chômage et la précarité, tout ça parce que je suis cataloguée comme « senior » depuis l’âge de 45 ans !  Au total ça fera 20 ans de vie professionnelle gâchée pour un critère d’âge, c’est énorme ! Et je ne parle même pas des dommages collatéraux…

Alors franchement non, dans ces conditions là, je ne veux pas être la senior du 21ème siècle !

Par contre je voudrais que les mentalités changent enfin, et qu’on arrête de mettre les gens dans des cases, que chacun ait un travail en fonction de ses compétences, et surtout une vie décente !

Longue vie donc à ce nouveau site : NoAgeSite.com

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Sophie-Noëlle le 3 juin 2011

Logovivremesreves 300x122Ah là là comment je suis flattée ! grâce à mon blog j’ai été invitée à être jurée pour le concours « Vivre mes rêves » organisé par la Mutac et présidé par le navigateur Marc Thiercelin !

« Vivre mes rêves » est un concours destiné aux personnes de + 50 ans  qui ont des projets, des rêves plein la tête, et qui aimeraient bien les réaliser.  Le gagnant se verra attribuer la somme de 10 000 euros. Sympa non !?

Vous pensez bien que j’ai accepté la proposition !  D’autant que je vais retrouver quelques connaissances parmi les membres du Jury, comme mon ami Hervé Resse icon smile , et Jean-Michel Billaud que j’ai rencontré professionnellement en 97 à l’atelier de la cie bancaire… et oui !

Du coup j’ai eu droit à une petite interview pour être présentée : Une séniorette made in web, juré de Vivre mes rêves icon smile icon smile icon smile trop fière !

Alors si vous avez plus de 50 ans et si vous avez des projets, pour participer c’est simple, il suffit de déposer votre candidature via le blog de « Vivre mes rêves » ou la page Facebook du concours jusqu’au 15 septembre 2011.

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Allez zou on n’hésite pas, on  se lance ! icon smile

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Sophie-Noëlle le 22 janvier 2011

Aujourd’hui j’ai participé à l’action de prévention « Résolution 50″ qui se déroulait au Palais universitaire des sports de Veyrassi. Cette action encore expérimentale porte sur la promotion de l’activité physique, et n’existe qu’à Montpellier pour le moment. Elle a été élaborée par La Mutualité Française Languedoc-Roussillon en partenariat avec l’Université Montpellier 1, et plus précisément l’UFR Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Elle consiste à proposer aux personnes âgées de 50 à 65 ans ou plus de tester leurs capacités physiques et de les aider à s’orienter vers la pratique d’une activité physique la plus adaptée à leurs besoins et à leurs envies.

Donc étant concernée, et ayant envie de savoir où j’en suis de mes fameuses capacités physiques, je me suis inscrite à la première journée, faisant ainsi partie des cobayes…

J’avais un peu peur au départ que les tests soient trop sportifs, et de ne pouvoir les suivre, mais les intervenants de l’ufr staps m’ont tout de suite rassurée. En effet, même les tests d’endurance sont à la portée de tous. De toute façon j’avais signalé ce que je ne pouvais pas faire et tout le monde a été très attentif à mes difficultés.

Bref, les participants ont été séparés en petits groupes pour suivre à tour de rôle les différents ateliers mis en place.

Mon groupe a commencé par l’atelier style de vie.
Bon là, rien de bien fatigant, chacun a juste eu à renseigner un questionnaire  sur comment il se sent actuellement, et quelles sont ses habitudes.

Ensuite nous avons enchaîné par un peu d’exercice à l’atelier pratique, mais vraiment très soft les exercices.
Nous avons commencé par des échauffement classiques, suivi par des lancés de ballon en binôme, pour finir en driblant sur un petit parcours moteur. Bref rien de bien fatigant, d’ailleurs je n’ai même pas transpiré.
Nous avons ensuite eu droit à une séance de relaxation. C’est certainement la séance que j’ai le moins apprécié, car j’avais plutôt envie de continuer à bouger à ce moment là.

Puis nous sommes passés à l’atelier esprit pour participer à des tests individuels sur les fonctions cognitives, mémoire, attention, niveau de stress, et estime de soi…

Pour finir, la souplesse, l’équilibre, et la force de chacun ont été mesurés à l’atelier corps grâce à des exercices très simples et des appareils. L’endurance à la marche a également été évaluée sur un petit parcours de 6 mn.

Tous ces tests n’étaient ni compliqués à comprendre, ni fatigants, ni difficiles physiquement.

Au final, nous avons obtenu un bilan individuel, renseignant dans les catégories corps, style de vie et esprit, nos points forts (en vert) et nos points à améliorer (en orange), avec une alerte sur nos points très faibles (en rouge).

Nous avons également reçu diverses recommandations, guides, conseils en terme d’activité physique et de nutrition, ainsi que des adresses de clubs proposant des activités plus ou moins adaptées aux seniors.

La matinée s’est terminée par un déjeuner offert, très équilibré et très frais d’ailleurs…

Comme ils restent encore deux journées de programmées, le 29 janvier et le samedi 5 février 2011, si vous êtes à Montpellier ou aux alentours, et si vous êtes un quinqua qui aimerait bien faire le point sur ses capacités physiques, et bien ma foi inscrivez-vous, c’est gratuit : plaquette Résolution 50 au format pdf

Moi ça m’a bien plu ! et mon bilan reflète bien de mon état physique… et moral actuel.

Pour en savoir plus : le programme résolution 50

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Sophie-Noëlle le 20 novembre 2010

C’est marrant comme certains ont une facilité à te balancer la phrase qui tue :

« Tu devrais te faire une raison et partir ! »

Partir ! ah le grand mot qui parait être LA solution pour régler le problème du chômage dans une région pour ceux bien installés dans leur vie pro, et qui n’ont justement aucun problème de chômage !

Partir ! ah oui j’aimerais bien partir ! en vacances surtout, et pourquoi pas dans un mobil home d’occasion sur la Côte d’Azur pour changer… Mais certainement pas ailleurs comme ça, juste pour nettoyer le plancher de ceux qui croient que l’herbe est plus verte ailleurs pour les chômeurs.

D’abord où ? et avec quels moyens ? Je me prends un mobil home d'occasion sur la Côte d'Azur, c'est ça? surtout quand on est quinqua au chômage…  parce que, bien sûr, ce sont ceux qui sont à dix mille lieux des problèmes des quinquas qui vous suggèrent de partir. Ceux qui sont les premiers à ne pas embaucher du vieux, qui ne vous aident en rien :

Ah ben oui on est une startup nous, on veut du jeune du dynamique, ou on embauche que par relations, ou on veut tel diplôme, ou carrément on embauche pas.

Je ne vais pas revenir sur le sujet en long en large et en travers, puisque j’ai déjà dit ce que j’en pensais dans mon billet Suis-je encore mobile ? non, mais … Mais bon sang ! quand on me balance du « tu devrais te faire une raison et partir« , ça me blesse et ça me met en rage !

Même sans parler boulot, ils ne se rendent pas compte les gens ce que c’est que d’arriver dans une région comme ça, seule, les mains dans les poches, sans connaitre personne. Ils ne savent pas ce que c’est que de devoir tout reconstruire à zéro. Pour l’avoir fait, je sais trop ce que c’est moi  ! Parce que, oui je suis partie, plusieurs fois, et justement pour le boulot ! Alors je sais de quoi je parle ! c’est du vécu ! Et partir ce n’est pas régler le problème mais le déporter, surtout à plus de 50 ans !

Aujourd’hui je ne vais tout de même pas fiche en l’air 10 ans de réseautage dans une région pour partir sans savoir où, sans un rond, sans boulot et sans logement, juste parce que certains pensent que je devrais le faire. Non sûrement pas ! Ma vie est ici !

Maintenant je l’ai déjà dit, si on me propose le pont en or, boulot/logement/salaire, alors là oui peut-être que je reconsidèrerais la question. En attentant qu’on ne me casse plus les pieds avec ça. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, sujet clos !

http://www.dailymotion.com/video/x89j2p

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Sophie-Noëlle le 28 juin 2010

Yo braves gens qui passez par là ! ça y est, les résultats du concours de l’été 2010 des blogs emploi organisé par RegionsJob.com, en partenariat avec Alapage, sont tous chauds sortis sur le blog du modérateur !
Et vous savez quoi ? j’ai eu un prix ! tadaaa ! le second prix du meilleur billet avec, je vous le donne en mille, mon billet sur les avantages que j’apporte à l’embauche aux employeurs en tant que seniorette. si, si ! icon smile
Un grand merci aux membres du jury ! icon smile

Bon maintenant y a plus qu’à espérer que les mentalités changent enfin côté employeurs…

Pour revenir aux résultats, je vous invite à jeter un œil au palmarès, on y trouve vraiment des blogs de qualité : Les résultats de notre concours de blogs par le Modérateur.

Ah oui au fait, j’ai gagné un disque dur multimédia 3.5 » 1000GO Lacinema Classic. Cool non ? icon smile

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Sophie-Noëlle le 30 mai 2010

Comme les années passent pour tout le monde, on finit tous par prendre de l’âge et arriver un jour ou l’autre dans la tranche fatidique ! Et ça y est quelques quadras d’aujourd’hui atterrissent persuadés par quelque étude lue en biais qu’ils sont "La tranche sacrifiée".
Et voilà que recommence l’éternel, vous nous avez tout pris, vous les quinquas, et vous les retraités pétés de tunes, nous on n’a plus rien, que les yeux pour pleurer.. tout ça épicé d’aigreur, d’amertume et de jalousie. Comme si les aînés avaient fait exprès de calculer leur vie pour mettre des bâtons dans les roues des plus jeunes.

Pffuuu tout ça est bien saoulant ! Si chacun voulait faire l’effort d’ouvrir vraiment les yeux, et se rendre compte que le problème quadra/quinqua/salaires/retraite existe depuis plusieurs décennies déjà, et que les quinquas, sexas ne sont pas pétés de tunes, on ferait un grand pas en avant ! Mais bien sûr comme chacun ne regarde que ce qui le concerne au moment où ça le concerne, il est plus facile aux uns de se monter la tête contre les autres, plutôt que d’avancer une bonne fois pour toute tous ensemble, et surtout sans jalouser plus jeunes ou plus vieux, ni déverser des sauts de venin contre les boomers qui ne sont entre nous, pas responsable de leur naissance !

Voilà à ce propos le genre d’article typique, rempli de haine, qui ne fait pas avancer le schmilblic : retraite, salaires : les quadras, génération sacrifiée

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Il y a quelques temps que c’est officiel, je suis bel et bien rentrée dans la catégorie des "séniors" dans la vie active. Mon dieu que je n’aime pas ce mot ! "sénior" ça veut dire "vieux", "vieillard", "personne âgée". On a l’impression d’un seul coup d’avoir pris 100 ans dans la face ! Alors que bon, sénior dans la vie professionnelle, ce n’est pas vieux du tout, d’autant moins que l’on est sûr déjà d’avoir moins de 60 ans… heu 63 bientôt avec la nouvelle réforme des retraites !
Quand je pense que dans le domaine de la consommation, le marché des seniors est celui des plus de 60 ou 65 ans…
Et puis quoi, vous m’avez bien regardée avec mon air d’éternelle gamine ! Franchement est-ce que j’ai l’air d’un vieillard du haut de mes 53 ans ! non, bon alors !

Ceci étant dit, je suis quand même une sénior, faut faire avec. Et comme il faut faire avec, et bien je vais vous expliquer quels en sont les avantages, les avantages de m’embaucher bien sûr !

1. Motivation pour l’employeur : Commençons tout de suite pas le premier avantage, je suis une femme. Aïe ça commence mal, allez-vous penser. Et bien non, pas du tout ! car vue mon âge justement, je ne vais plus vous faire le coup de l’absence pour cause de grossesse, ou d’enfant malade. Plus d’enfant à élever et célibataire de surcroît, je suis total dispo pour mon employeur !

2. Immédiatement opérationnelle : Je travaille depuis… 1976. Ce qui veut dire une expérience non négligeable et une malle de compétences. Opérationnelle tout de suite, je représente non seulement un gain de temps pour une entreprise, mais aussi un gain financier.

3. Capacité d’adaptation : J’ai travaillé dans toutes sortes de structures qu’elles soient publiques ou privées, association professionnelle, TPE, PME, multinationale, collectivité territoriale, … sous toutes formes de contrats, CDI/CDD/interim/portage/stage,… J’ai donc une grande capacité d’adaptation.

4. Stabilité et rentabilité des équipes : Je suis en recherche de stabilité, j’entends par là que je n’envisage pas changer d’entreprise à peine arrivée, à moins de missions courtes. Je coûte donc moins cher à la longue qu’un jeune carriériste qui va souhaiter partir pour voir si l’herbe ne serait pas plus fraîche ailleurs, d’où les frais d’un nouveau processus d’embauche pour l’entreprise.

5. Compétences en technologies Web : Je suis tombée dans le Web dans les années 90. J’ai vécu son évolution vers le Web 2.0. J’utilise ses services au quotidien pour faire de la veille technologique et du social networking. Je suis une geekette qui fait mentir les a priori sur les gens de mon âge face aux nouvelles technologies !

6. Avantage fiscal : Comme j’ai plus de 50 ans, j’apporte un avantage fiscal aux entreprises. Sans oublier que pour celles de plus de 50 salariés, l’embauche de travailleurs seniors est aussi une nécessité afin d’éviter le paiement d’une amende. Et, pour clore le package j’ai aussi le statut de travailleur handicapé (n’ayez crainte, rien de dérangeant pour qui que ce soit).

Alors employeur, n’hésitez plus, embauchez moi ! Je suis la séniorette qu’il vous faut !

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Hier je suis allée à une réunion de mise en relation de professionnels, et lors d’une discussion j’ai raconté que depuis 10 ans, senior que je suis devenue, je rame comme une malade pour trouver un poste. Un trentenaire étonné m’a alors demandé si cette histoire de rejet des seniors était bien réelle, bref si ce n’était pas du flan tout simplement quoi !

Encore plus étonnée que lui par sa réaction, je me suis enquise de savoir s’il lisait au moins les journaux. heu ben oui, m’a-t-il répondu, mais comme je ne le vis pas….
Et bien mon garçon, ai-je pensé en moi-même, si tu ne t’en aies pas rendu compte, prépare-toi ! parce que crois-moi ton tour viendra bien plus vite que tu ne penses ! Depuis le temps que ça dure cette situation, c’est pas demain que les mentalités vont changer… retraite reculée ou pas !
Je lui ai quand même fait remarquer que les seniors ne couraient pas les startups ! Il a reconnu qu’effectivement il n’en voyait pas beaucoup, pour pas dire pas du tout, dans les boîtes autour de lui.

Je n’ai pas trop insisté sur le sujet, mais tout de même sa réaction m’a vraiment interpellée. Si d’aucuns croient encore que la discrimination par l’âge est une vue de l’esprit, on est mal barré ! C’est un état de fait, et mes gaillards, rigolez bien, profitez, le compteur tourne pour tout le monde ! la baffe vous finirez bien par la prendre aussi en pleine face, et plus tôt que vous ne pensez. Ce n’est pas qu’une question de secteur d’activité !

Tiens, rien que pour exemple, j’ai retrouvé un article dans l’express qui date de 97 : Recrutement – Quels emplois pour les quinquas?

En tous les cas, pour moi ça a commencé très tôt. A l’âge de 43 ans, ingénieur après vente, je travaillais dans une boîte où j’étais l’aînée. J’étais cernée par des trentenaires et le gérant avait 40 ans… Par leurs réflexions, attitudes, comportement à mon égard, J’ai vraiment senti à ce moment là que j’avais pris un coup de vieux. Je n’étais pas préparée à ça, et j’ai bêtement pensé que ça venait de moi. Insidieusement, le harcèlement moral avait commencé, et j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à faire face au début… J’en suis tombée malade, j’ai fait une grosse dépression. Et progressivement, ils sont arrivés à me pousser dehors. Crise (déjà !), délocalisation des services, période de restructuration, qu’il disait le gérant, on garde les plus jeunes… et j’ai été licenciée, avec un arrangement à l’amiable certes, mais licenciée tout de même !

A partir de là je n’ai plus trouvé un seul poste en CDI. Le dernier poste convenable, c’est à dire avec un salaire qui rentre dans la fourchette correspondant au poste et à la région, le dernier poste convenable donc, fut une mission de 18 mois.
Et depuis 2002 plus rien ! J’erre donc entre les périodes de chômage, de bilan de compétences, de formation, de portage salarial, de missions courtes, et petits boulots alimentaires payés au SMIC… parce que vous comprenez ma brave dame, vue la conjoncture, c’est ça ou rien, et vue votre âge vous n’allez pas vous plaindre tout de même, c’est déjà bien qu’on vous embauche !

Un employeur du public a en effet fait sa BA en m’embauchant… Notre mission c’est le social, vous rentrez dans le cadre, on applique ! m’ont-ils dit… Mais par contre la hiérarchie ne s’est pas gênée pour me rabaisser en discréditant mon expérience et mes compétences face aux plus jeunes… les jeunes c’est fun, c’est créatif, et moi je ne pouvais rien proposer de bien, vue mon âge, m’a-t-on sèchement fait entendre. De toute façon on m’avait en quelque sorte provisoirement sauvée de ma situation précaire, je n’avais donc rien à dire… harcèlement moral quand tu nous tiens…. J’ai donc fait mon boulot le dos rond en encaissant le temps qu’il a fallu.

Quelques temps auparavant, une DRH m’avait sortie lors d’un entretien que les personnes vieillissantes sont dépassées… Elles manquent de curiosité, elles comprennent moins vite, elles se fatiguent plus vite et sont donc de ce fait beaucoup plus sujettes à l’absenteïsme...A ce moment là, je n’avais pas encore 50 ans !

Dernièrement lors d’un bilan de compétences, mon conseiller, un trèèèès jeune homme qui avait le chic pour me parler comme si j’étais sénile, m’a affirmée que vue mon âge (et oui encore !), il ne fallait pas espérer trouver grand chose dans ce qu’il me restait de compétences (comme si elles s’étaient évaporées), et que peut-être j’aurais des chances en me recyclant dans la gestion administrative, secrétariat, compta… ben voyons, comme autrefois, les femmes c’est juste bon à faire du secrétariat ou de la compta !

Et tout ça n’est qu’un bref aperçu de ce que je peux entendre ou vivre depuis 10 ans ! Sans parler que dans la tête des gens, plus on prend de l’âge et plus on perd en compétences, comme si on commençait à tomber en décrépitude passé les 45 ans !

Alors maintenant oser penser que la discrimination des seniors au boulot est une vue de l’esprit ! non mais ! Ouvrez donc les yeux nom de dieu !

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Sophie-Noëlle le 5 avril 2009

Voilà une question intéressante à laquelle je suis bien incapable de répondre aujourd’hui….
D’aucuns répondraient tout de go pilote, infirmière, ingénieur système-réseau, convoyeur de fonds, carreleur, …. Mais moi, grand vide sous le chignon, la bouche ouverte et les yeux ronds comme des gobilles, chapeautée d’un point d’interrogation, je reste coite.

Je ne sais plus quel est mon métier. Je ne sais plus quoi répondre. A force de passer d’un job à l’autre depuis plus de 10 ans, je ne sais plus dans quel compartiment je rentre.
C’est ennuyeux quand on cherche un job, et qu’on voudrait se présenter convenablement lors de sorties de mises en relation pro, et surtout rentrer dans les cases de pôle emploi.

Et oui, ex analyste programmeur, ex spécialiste systèmes réseaux, ex ingénieur après vente, ex product marketing manager, ex chargée de communication, ex conceptrice de sites, ex webmaster, ex chargée de projet Web, ex responsable marketing communication, ex assistante de communication, ex coordinatrice technique dans la PAO, auteur à l’occasion….. en haut, en bas… Sous quel métier me présenter ? qu’elle est ma profession aujourd’hui à plus de cinquante ans ? That is the question !

La seule chose que je peux dire est que mon fil d’Ariane est Internet et ses services, épicé d’informatique de gestion et de communication….. Après où me situer là-dedans ? pfuuuuu…..

Bonjour madame Michu, qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Bennnnnn, heu… je faiblis, je faiblis.

Non en fait, je ne faiblis pas du tout, je suis en pleine ébullition, remise en question, prise de recul pour trouver une porte de sortie…

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Sophie-Noëlle le 4 avril 2008

Madame Michu est bien ennuyée, elle vient de recevoir son dernier avis d’expulsion et ne sait pas vers qui se tourner pour se sortir de ce guêpier où elle se trouve de nouveau…
9 ans qu’elle vit là, dans ce grand 3 pièces avec balcon qu’elle a eu tant de mal à trouver. Pendant des années, malgré son travail, elle n’a jamais eu les moyens de s’offrir un logement dans le privé. Elle n’était pas encore dans la catégorie des pauvres, mais juste dans celle des français moyens qui oscillent entre la vie active et le chômage, et qui n’ont pas les revenus suffisants pour répondre aux garanties demandées. Alors, elle avait déposé des dossiers un peu partout et elle avait patienté. Pendant une vingtaine d’années, elle était passée d’un logement provisoire à un autre en attendant mieux. A un moment, elle a même du se séparer de ses enfants le temps de trouver un endroit suffisamment grand pour loger toute sa petite famille… Puis les années ont passé. Quand ce logement lui fut accordé, lasse de tous ces déménagements, elle décida de se reconstruire un semblant de vie stable. Non sans difficultés, elle se trouva un boulot. Elle choisit un médecin traitant à proximité… et prit ses marques dans le quartier.

Aujourd’hui ses deux enfants ont grandi, ils sont partis vivre leur vie loin dans une autre région avec leurs propres enfants…
Madame Michu se retrouve donc seule dans son appartement. Heureusement, sa petite famille peut venir la voir, puisqu’elle a encore de quoi les loger. Ainsi, dès que l’occasion se présente, le petit noyau se reconstruit autour de madame Michu à sa grande joie.

Mais madame Michu est hors la loi. Sa situation ne cadre plus avec le calcul savant "revenus, plafond, nombre de personnes, mètres carrés" de la nouvelle loi sur l’attribution des logements. Elle a trop de mètres carrés pour elle toute seule. Que ses enfants et petits enfants viennent la voir ne compte pas. Elle doit partir, quitter ce quartier pour ailleurs, un endroit qu’elle n’a pas encore trouvé, pour céder sa place à une famille déjà désignée. On lui a bien proposé deux studios sans balcon dans le ghetto des seniors à l’extérieur de la ville, mais à chaque fois au 4ème étage sans ascenseur.
Malheureusement madame Michu a un handicap qui ne lui permet plus de monter les escaliers. Alors au second refus, on lui a signifié qu’elle devait se débrouiller toute seule et surtout débarrasser les lieux sous 6 mois. C’était ça ou rien, les certificats médicaux n’y ont rien fait. Trop de séniors à recaser, lui a-t-on-dit.

Les 6 mois sont passés… madame Michu n’a rien trouvé… Malgré la vente de ses quelques meubles, plantes, vêtements et derniers souvenirs, elle n’est de toute façon pas arrivée à rassembler la somme suffisante pour assumer à la fois la charge des garanties qu’on lui demande et les frais de déménagement. Car déménager représente un coût qui est loin d’être négligeable… Et comme beaucoup de "séniors", madame Michu, encore loin de la retraite, a perdu la moitié de son salaire. Elle n’a plus un sou de côté. Il a bien fallu faire face à quelques coups durs. Tout ce qu’elle gagne passe donc dans ses charges et rien d’autre.
Ils n’avaient pas pensé à ça bien sûr tout ces pondeurs de lois bien nourris.

De nouveau au bord d’être à la rue comme elle l’a déjà été à plusieurs reprises dans sa vie, mais avec les années en plus et les moyens physique et financiers en moins, madame Michu n’a plus assez d’énergie pour se battre. D’ailleurs pour quoi faire ? Plus elle vieillit, plus elle se rend compte que ce monde là ne veut plus d’elle.

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