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La question psy du jour

Fallait s’y attendre, l’euphorie du mois dernier est tombée. Le mois d’août est arrivé avec ses journées remplies de solitude. Tout le monde est parti, ou a autre chose à faire.  Chacun sa vie, les enfants ont la leur et n’ont jamais rien à me raconter, je ne suis qu’une étrangère dans leur vie. Et je n’ai même plus envie d’aller à la plage seule…

– Avez-vous pensé à partir ? me demande-t-il.

– Oui mais pour aller où ? Ma vie est ici depuis si longtemps et je connais plein de gens ici, de réseaux. Certes les relations sont pour la plupart superficielles, éphémères, le chômage isole.  J’ai peu de vrais potes que je vois rarement, mais je ne saurais pas où aller… 
N’est-il pas plus difficile pour vous de vivre aussi seule dans une ville où vous connaissez autant de monde ? 

….

Grand blanc !

Bien sûr il a raison, mais que répondre ? La mer est si importante pour moi. Je voudrais juste changer de logement.

….

J’ai quitté son bureau encore plus déprimée que quand je suis arrivée, frustrée par une séance trop courte, emplie d’une sensation d’inachevé …

Avant de rentrer chez moi, j’ai erré dans le centre ville comme une âme en peine, à fleur de peau, les larmes aux yeux.

Je ne dors pas, j’ai oublié de lui dire. Je ne me projette pas plus loin que la journée du lendemain, et je ne sais pas où je vais….

J’ai l’adresse du CPCT (Centre psychanalytique de consultation et de traitement ) de Montpellier en cas de trop gros mal-être, je ne sais même pas si je vais les contacter. Je ne sais même pas si je vais le rappeler, lui, pour le revoir en septembre…

Que faire du reste de ma vie ? où aller ?  A quoi ça sert tout ça ?

Nota bene : photo vue de la salle d’attete

Mon premier RV chez le psy

Allez je vous raconte mon premier RV chez le psy, je ne le ferai peut-être pas pour les autres parce que personnel, mais celui-là si, parce que c’est une première pour moi et que je ne savais pas trop comment ça allait se passer.

Donc je m’installe dans la salle d’attente,  un mec sort d’un bureau et bing !  d’un coup ma langue tombe par terre et mes yeux sortent des orbites. Ouch ! alors là, si c’est lui mon futur psy, c’est mon jour de chance… Il prend une patiente.

Un autre mec sort d’un autre bureau, très vieux celui-là et pas avenant du tout. En moi-même je pense, nan nan pas lui ! et bien non pas lui.

Le premier mec en finit avec sa patiente et, et, et…  vient me chercher. Mouaaah c’est mon jour de chance !

Je ne savais pas trop ce qu’il fallait dire. Il m’a demandée si c’était moi ou ma toubib qui avait décidé des séances. Je lui ai répondu que c’était  ma toubib parce qu’elle me considérait en danger la dernière fois qu’elle m’a vue.

Du coup, ça a démarré comme ça, je lui ai expliqué pourquoi en lui parlant de la charge émotionnelle et toxique trop forte autour du décès de mon père.  L’événement familial de trop qui a accentué  mon état dépressif. Mon séjour chez ma fille pour me ressourcer et éliminer toutes les toxicités des derniers mois.

Puis en résumé,  flash back sur ma vie, l’éclatement familial lors de  mes 5 ans, d’un côté la vie de ma mère loin, de l’autre celle de mon père, les deux très occupés par eux-mêmes.
Mes deux mariages, l’un qui se termine par un abandon de famille, et l’autre pour cause de violence conjugal, un passé révolu.
Le départ de mes enfants pour vivre leur vie et la perte de mon boulot quasi en même temps, le tout très mal vécu.
Mon arrivée à Montpellier grâce à un cabinet de recrutement.
Puis enchaînement sur une vie professionnelle de plus en plus précaire pour cause de senioritude aiguë, et oui la retraite approche.
Entre temps, le déménagement de ma mère à Montpellier après le décès de mon beau-père qui a pollué mon existence, elle pensait que je lui servirai de dame de compagnie, raté ! ma prise de poids à ce moment là,  sa mise sous tutelle récente, mon frère tuteur, moi subrogée, etc…

Bref j’ai déballé sur tout le monde…
Je lui ai précisé que pour certaines choses j’évacuais par l’écrit, une fois fait, affaire classée, oubliée, passée, mais que je ne pouvais pas le faire pour tout.

Je le revois début août. Il veut voir l’évolution de mon moral dans le temps. Il a surtout senti que la proximité de ma mère envers qui je n’ai aucun lien me pesait sérieusement ! C’est pas faux…

Je lui ai aussi signalé que j’avais fait une demande de retraite anticipée pour handicap qui a été  refusée, courrier reçu ce matin, donc je vais me retrouver au rsa en début d’année prochaine.
Alors comme ma situation financière va sérieusement décliner, il ne veut pas m’engager dans un processus long et coûteux que je ne pourrai pas assumer. Tout dépendra surtout de comment je me sentirai au second RV. En fonction, il m’orientera peut-être vers un centre de soutien psy gratuit à Montpellier.

A voir…

L’anectode au moment de mettre la date sur le chèque,  je lui dit avoir un problème avec l’année 2017, et de vouloir écrire 1997 à chaque fois. Et je continue en rigolant  » c’est peut-être parce que je veux rajeunir« .  Et il me répond en souriant « Ceci dit vous ne faites pas du tout votre âge ! »   Rhaâââa !

Je suis sortie de là toute joyeuse, et toute légère. Peut-être parce que je me suis sentie libre de déballer mon sac et que c’est sorti tout seul, devant un bôgosse de surcroît. Bref je suis partie de là en rigolant toute seule dans la rue.

Bon c’est pas le tout ça, mais comme dit Agnès, mon euphorie est cyclique, et là je reviens d’un séjour chez ma fille, donc je vais bien. J’ai des blessures à soigner, faut pas l’oublier, et comme je suis tout le temps toute seule, l’euphorie ne va sûrement pas durer. Le mois prochain il me verra certainement moins au top si je ne vois personne d’ici là !

J’ai enfin accepté de consulter un psy

Encore une nuit où je n’arrive pas à dormir, j’ai le film de ma vie qui me trotte dans la tête, et que je tourne et retourne sur mon lit comme une crêpe.
Je stresse un peu parce que j’ai accepté de consulter un psy, enfin ! oui enfin, parce que là c’est venu de ma toubib. Pas d’un lambda, pas d’une amie, ni de ma mère qui une fois me l’a balancé méchamment dans la figure comme si j’étais une débile profonde, mais de ma toubib ! Et puis mon  blog ne peut pas me servir d’exutoire pour tout, il y a des choses que je ne peux pas écrire…

Lundi j’ai donc consulté ma toubib, d’abord pour renouveler mon stock de médocs à prendre à vie, c’était prévu, et ensuite pour lui faire un compte-rendu santé de mes 6 derniers mois sans la voir. Par la même occasion je l’ai prévenue de ce que m’a rapporté une de mes sœurs sur notre grand-mère côté risques génétiques. Un truc que je ne savais pas du tout, important pour la surveillance de la santé de mes descendants, et que j’apprends là comme ça par hasard dans une discussion (c’était bien la peine d’avoir un père toubib).
Je lui ai aussi confié 2-3 autres trucs perso, et lui ai avoué mon état de faiblesse, mes insomnies, et mon broyage de noir quand je suis seule, et comme je suis tout le temps toute seule…
C’est là qu’elle m’a regardée droit dans les yeux et qu’elle m’a dit qu’à son niveau, pour ça, elle ne pouvait rien faire pour moi. La première chose à faire dans l’immédiat est de prendre RV avec un psy pour vider ce trop plein accumulé, et urgemment ! « Le peu que vous m’avez confié me suffit » m’a-t-elle dit. Pour le reste, ça peut attendre la rentrée.

J’ai donc pris RV pour le mois prochain, pas de place avant. Je ne sais pas trop comment ça va se passer, par quoi on va commencer. Si je vais arriver à parler, à vider mon sac, et surtout à ne pas trop pleurer. Parce que j’ai bien peur que si je commence à parler, toutes les larmes de mon corps sortent avec les mots. Je traîne du lourd depuis tant d’années…
Mais je suis déjà soulagée. Je suis consciente qu’il faut que je libère mon corps et ma tête de tout ce que j’intériorise.
Reste plus qu’à espérer que le feeling passera. « Homme ou femme ? » m’a-t-elle demandé. « Je ne sais pas » lui ai-je répondu, « j’ai besoin de me sentir en confiance pour parler ».
Alors elle m’a conseillée une personne qui met les gens à l’aise et c’est un homme.

Je verrai bien …