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35° dans l’appart, j’ai pas de climatiseur, mais au moins j’ai de l’eau !

Aérer la nuit ; fermer l’appart en mode blockhaus la journée, c’est à dire dès 5h du mat avant que le soleil ne pointe le bout de son nez (oui je me suis levée exprès pour) ; mettre les ventilos en route avec des pains de glace dans leur axe … J’ai beau avoir fait tout ce qu’il faut en prévention de cette journée plus que chaude, rien à faire le thermomètre est resté coincé sur 35° toute la journée. C’est épuisant !
Le soleil tape sur le toit de l’immeuble qui n’est absolument pas isolé thermiquement pour supporter de fortes montées de chaleur. Je l’ai déjà dit dans mon précédent billet, et tout fermer ne change rien à ce qui se passe au-dessus de ma tête.

Alors bien sûr, il y a toujours les yakafokons qui balancent « mais je ne comprends pas pourquoi les gens n’installent pas des climatiseurs chez eux !  » gnagnagna !

Ben tout simplement parce que tout le monde n’est pas propriétaire d’une maison où il peut faire ce qu’il veut sur sa façade. Quand on habite en HLM on n’a pas le droit d’installer de climatiseur nécessitant une percée murale, et pas qu’en HLM d’ailleurs. En copropriété il faut demander l’autorisation de l’assemblée générale.  Et la réponse est la plupart du temps négative dès lors que l’installation affecte l’aspect extérieur de l’immeuble. et oui c’est comme ça !

Ensuite pour acheter un climatiseur, qu’il soit fixe ou mobile/portable, et bien il faut avoir les moyens. Moi je ne les ai pas ! Sans parler de la facture d’électricité qui augmente,  ces conneries coûtent chers voir très chers ! et les prix varient en fonction de la surface de la pièce à rafraîchir ou à réchauffer tant qu’à faire.

Ceci étant dit, je ne vais pas me plaindre.
Certes, je vis dans un immeuble non adapté aux chaleurs du sud, ce qui est un comble à Montpellier.
Certes, je ne peux pas m’acheter un climatiseur, et dois me contenter de ventilateurs et des moyens du bord.
Certes, il fait chaud, très chaud dans l’appartement et plus qu’il y a quelques années en arrière.
Mais moi j’ai un toit, et surtout j’ai de l’eau chez moi. Je peux prendre des douches froides et boire à volonté. Je peux m’étendre dans le plus simple appareil sur des linges humides pour rafraîchir la température de mon corps parce que c’est vital.

Les sans-abri eux n’ont rien de tout ça. Ils manquent d’eau. Ils ne peuvent pas s’hydrater. Ils ne peuvent pas se rafraîchir pour faire baisser la montée de la température corporelle. On n’y pense pas assez, mais le coup de chaleur est mortel. Une élévation au dessus de 40° et c’est le risque de l’œdème fatal au cerveau assuré, d’où la nécessité de pouvoir se rafraîchir. Non la misère n’est pas moins pénible au soleil, plus la température monte, plus les plus pauvres sont en danger mortel.

Alors je ne me plains pas. Dès que j’ai mal à la tête et que je me sens devenir chancelante, allez hop un verre d’eau et une douche froide !

N’empêche un vrai plan canicule s’impose de plus en plus, surtout dans les villes, sinon ça va être l’hécatombe sous peu, même si on a de l’eau chez soi…

(21h: encore 35°)

Quand on est fauché, place à la débrouille !

Quand les gens sont fauchés ça ne se voit pas forcément sur leur figure. Même s’ils n’ont pas tous les jours envie de sauter au plafond, genre youp là boum tout va bien, la vie est cool, y a pire ailleurs ! surtout quand les fêtes approchent… ils essaient malgré tout de maintenir une façade !
Ainsi il y a plein de gens autour de vous dont vous ne soupçonneriez même pas qu’ils sont… comment dire ? allez pauvres, lâchons le mot ! Ils ont encore un toit sur la tête, un moyen de locomotion, une connexion Internet, et un soupçon de réseau socioprofessionnel qu’ils s’évertuent à maintenir.
Et oui on ne nait pas forcément fauché, et tous les pauvres ne sont pas dans la rue non plus. Quand la pauvreté pointe le bout de son nez, souvent en période de chômage, c’est d’abord pour s’incruster doucement mais surement dans votre maison avant de vous pousser dehors.

Alors comment font ces ratiboisés là, qui sont seuls et au chômage pour s’en sortir tout en maintenant à peu près un paraître, et un semblant de vie sociale ?

L’essentiel étant de payer le loyer, pour le reste, les autres charges, manger, s’habiller, bouger, ils font preuve de débrouillardise.

Déjà ils éliminent tout ce qui les ferait vivre au dessus de leurs moyens, vacances, déplacements divers, contrôle technique de véhicule, sorties, anniversaires, fêtes, même les soirées de type « auberge espagnole ». Pourquoi donc ces dernières ? Tout simplement parce que quand on n’a pas pour un, on a encore moins pour plusieurs ! Ben oui ! il est extrêmement difficile d’amener quelque chose à partager avec un certain nombre de personnes, bien souvent supérieur à 5, alors qu’on a déjà du mal chaque jour à trouver pour soi-même… Ça isole certes, mais au moins, ça libère d’un poids face à ceux qui ne se rendent pas compte du sacrifice.

D’ailleurs pour manger, ceux qui peuvent maraudent en saison des fruits et des légumes, ou encore récoltent des châtaignes et des champignons.
Pour équilibrer leur panier hebdo des restos du coeur, dont ils sont bénéficiaires bien sûr puisque raides de chez raides… ils échangent boîtes de conserve et laitages contre quelques légumes et protéines avec les rares bonnes âmes généreuses qui se proposent. Même fauchés, il est important de maintenir un équilibre alimentaire pour rester en bonne santé. Il ne s’agit pas de déclencher des frais supplémentaires de toubib pour des raisons de troubles digestifs, d’inflammation de l’œsophage et autres complications dus à une alimentation totalement déséquilibrée… les boîtes de plats cuisinés, les pâtes et le riz ont leurs limites, et… tout le monde ne digère pas forcément les laitages !

Pour s’habiller, ils font du troc avec les gens qui se débarrassent des fringues qu’ils ont assez vu dans leurs armoires. Ils chinent, et récupèrent même ce qui peut l’être dans les décharges… ben oui, on peut trouver des trucs intéressants dans les décharges !

Et pour le reste, pour améliorer leur ordinaire, ils échangent des services, lisent régulièrement les journaux d'annonces gratuites, participent à toutes sortes de concours gratuits pour essayer de gagner ce qu’ils ne peuvent s’offrir, téléphone, bouquins, produits et matériels divers.
Ils répondent également à des sondages rémunérés pour gratter des bons d’achat, et pourquoi pas quelques euros. Pour peu qu’ils bloguent, ils flirtent avec les régies publicitaires pour là aussi essayer de récupérer quelques centimes d’euro. Un sou est un sou !

Bref, les fauchés au chômage ne sont pas tous des assistés comme certains croient. Ils sont surtout très débrouillards ! De toute façon, ils n’ont pas le choix… C’est ça ou la dégringolade…