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Quand je ne rentre pas dans les grilles des RH #chômage

J’ai plus de 20 ans d’expérience en informatique, j’ai même démarré ma carrière dans ce secteur d’activité en tant qu’analyste programmeur et j’ai suivi l’évolution des technologies. Ce n’est pas rien comme expérience il me semble, et ça ne s’envole pas comme ça.

Une boîte cherche un rédacteur technique informatique.  Ça tombe bien dans mon dernier poste j’étais rédactrice technique.

Et bien non ça ne va pas, je ne passe même pas d’entretien parce que je n’étais pas rédactrice technique dans le bon secteur d’activité ! sic !

Donc mon expérience en informatique je peux me la carrer où je pense !

Et que la rédaction technique soit basée sur des normes dont j’ai l’expérience et que je sache m’adapter on s’en fiche !

On ne va jamais s’en sortir du chômage à cette allure !

Quand je pense que pour mon dernier poste j’ai été embauchée alors que je ne connaissais rien au secteur d’activité ni à la rédaction technique, maintenant que je connais les 2, on ne veut pas de moi, un comble ! Pourtant ça me plairait bien de finir ma carrière dans le secteur où je l’ai commencée, la boucle serait bouclée…

Oui c’est ma râlerie du jour !!!

Dans 2 ans la retraite ! oh joie !

Je suis de très bonne humeur en ce moment. En janvier j’ai titillé l’assurance retraite en ligne pour savoir si je ne pouvais pas par hasard bénéficier d’une retraite anticipée avec mon cursus de travailleur handicapé . Ben oui marre du chômage !

L’assurance retraite a donc sorti mon dossier de la pile pour l’étudier, m’a demandé un tas de justificatifs que j’ai eu un peu de mal à retrouver dans mes 40 ans de paperasserie, surtout mon début de carrière… et ça y est leur réponse est arrivée ce samedi, 10 mois après.

Et là, bonne surprise, selon l’estimation indicative globale pour la CNAV, la MSA, l’ARRCO et l’IRCANTEC, la date du taux plein  me concernant est le 01/11/2018, et non plus le 01/11/2023  comme calculé avant que je ne les contacte !  Wahou !

J’ai du relire la phrase 15 fois ! Trop contente,  j’ai gagné 5 ans !  5 ans ! Vous vous rendez compte,  je n’ai plus que deux ans à  tenir.  Et ça sans mon statut de travailleur handicapé.

Trop contente ! Youp là Boum ! Danse de la joie !

Oh bien sur je ne vais pas toucher grand chose, moins que mes allocations actuelles (75 % de mon dernier salaire). Mais j’en ai tellement marre de ces longues périodes de chômage avec ces entretiens stériles, que je n’aspire qu’à une chose, que ça s’arrête !

Par contre  dans l’idéal, il faudrait juste que je trouve une mission de 6 mois à 1 an correctement rémunérée  avant que mon allocation chômage n’arrive à terme pour éviter la bascule au RSA. Comme ça le relais vie active/retraite se ferait tranquillement sans que le montant estimé de ma retraite ne baisse trop .

N’empêche j’ai un sacré poids en moins. Je ne me voyais pas continuer comme ça jusqu’à 67 ans. Ouf !

Ma vie de seniorette au chômage par Corinne Dillenseger

Se faire interviewer pour L’Express L’Entreprise par une blogopote journaliste qui te connait bien et surtout qui a bien suivi tes déboires sur ton blog, c’est top !

Le plus top encore est que ce témoignage soit accepté par le magazine et marque pour Corinne le début d’une collaboration professionnelle.
Alors bravo Corinne et bon vent, que cette collaboration dure !!!

Et voilà donc ce fameux témoignage rédigé par Corinne Dillenseger pour L’Express L’Entreprise :
Sophie, senior au chômage: « On m’a dit qu’à mon âge je fatiguerai plus vite »

Pendant dix ans, Sophie a alterné périodes de chômage et petits boulots précaires payés au rabais. Aucun recruteur ne voulait donner sa chance à cette ex-ingénieure, la jugeant trop âgée… dès ses 45 ans. Retour sur ses années de galère.

L’âge, un frein à l’embauche? Pour Sophie, aucun doute possible. Licenciée à 45 ans après une brillante carrière dans l’informatique et le web, cette ancienne product marketing manager (chef de produit) a dû se rendre à l’évidence: « j’étais atteinte de senioritude aigüe ». Son parcours de combattant a duré 10 ans. « J’ai vécu cette situation de chercheuse d’emploi senior comme une humiliation ».

Atteinte de « senioritude aigüe« 
A chaque entretien, Sophie doit systématiquement démonter les a priori des recruteurs en mettant en avant son dynamisme, son savoir-faire et même son statut de femme sans enfants à venir ou à élever. Aucun argument ne convainc les employeurs. « On m’a dit qu’à mon âge je fatiguerai plus vite et donc que je serai sujette à l’absentéisme, que mes compétences informatiques n’étaient plus à jour, que j’étais dépassée. Une DRH a même voulu me faire passer des tests pour vérifier si je savais me servir d’un clavier et d’une souris. Là, c’est moi qui ai mis fin à l’entretien ».

A défaut de trouver un poste fixe et parce qu' »il faut bien payer les charges et manger », Sophie accumule les petits boulots, les missions courtes, fait de l’intérim, recourt au portage salarial, accepte des jobs alimentaires payés au Smic. Elle travaille pour des TPE, des PME, des multinationales et même dans une collectivité territoriale. Elle reprend les études et décroche un diplôme de master 2 pro d’auteur rédacteur multimédia à l’Ecole des Mines d’Alès. Sans résultat, à part celui de voir dégringoler ses allocations chômage. « J’étais trop vieille, personne ne voulait de moi, les recruteurs préféraient toujours des juniors ».

Un CDI à 55 ans
L’ex-cadre continue pourtant à se battre, encouragée par sa conseillère Pôle emploi. « Elle a toujours cru en moi, en mes méthodes et mes choix ». Sa persévérance finit par payer. A 55 ans, elle décroche enfin un CDI comme rédactrice technique dans une PME spécialisée dans la fabrication de lits hospitaliers. Le secteur et le poste ne correspondent pas vraiment à son profil mais pour Sophie, c’est le bout du tunnel et elle s’y voit finir sa carrière. Trois ans plus tard, une société concurrente la débauche. Le salaire et l’ambiance y sont meilleurs. Flattée, Sophie accepte mais l’entreprise met brutalement fin à sa période d’essai. Changement de hiérarchie, d’organisation, de besoins, son profil ne colle plus. Retour à Pôle emploi.

Tenir en attendant la retraite
Aujourd’hui, à bientôt 60 ans, l’ancienne ingénieure vit « sur le fil du rasoir ». Des problèmes de santé à répétition ont eu raison de ses économies. Elle a entamé une demande de mise à la retraite anticipée à 62 ans au lieu de 67. Elle touchera alors 600 euros par mois, le même montant qu’elle obtiendra à la fin de ses droits au chômage.

En attendant, il s’agit de tenir car « à moins d’un miracle », Sophie ne voit pas qui l’embaucherait. « Mon conseiller Pôle emploi m’a dit qu’il ne m’embêtera pas. Il sait à quel point je me suis démenée. Mais cela ne veut pas forcément dire que je vais baisser les bras ».

A défaut de bouffer, les charges me bouffent

Bon sang de bon sang de bon sang, j’ai beau tourner l’addition et les soustractions dans tous les sens, mes indemnités couvrent juste mes charges, point barre ! Il ne me reste rien pour l’alimentation et encore moins pour l’essence. Donc évidemment chaque mois je m’enfonce de plus en plus. Bah oui faut bien manger merde !

Et bien entendu je n’ai encore droit à aucune aide puisque pendant un an tout est basé sur les revenus de l’année précédente, dont il ne me reste que 57 %.

Et bien entendu  j’ai des charges plus élevées que l’année précédente puisque j’ai du prendre une mutuelle à mes frais, et comme de bien entendu elle me coûte la peau du cul puisque je suis vieilllllleu et à risques pour les assurances !

Et ces toubibs qui fonctionnent à l’ancienne, chez qui il faut avancer les frais qui ne sont remboursés qu’un mois plus tard et encore pas complètement grrrrrrr…

J’ai bien changé de fournisseur d’électricité pour diminuer ces putains de charges mais ça ne suffit pas. Faut que je tire la corde ailleurs…

Et il y a ce putain de crédit de voiture qui  me fout dedans pendant 5 ans encore. Ben oui, quand j’ai changé de voiture j’avais un salaire correct qui me permettait de le faire. Sauf que là, le salaire correct, il s’est bien cassé la gueule ce con !

Pffff là je commence à plus trop savoir comment faire pour trouver à manger encore moins que pas cher. Faudrait que j’ose demander mais ça, c’est pas encore gagné, j’ai du mal…

Ce qui me rassure c’est que l’année prochaine je vais moins payer d’impôts. Ben oui ça aussi, ça me fout dedans, surtout la taxe d’habitation qui est scandaleusement élevée à Montpellier.

Et puis l’année prochaine,  je devrais commencer à avoir un peu d’aide, genre l’alloc logement peut-être, car normalement je devrais enfin rentrer dans leurs critères d’admission, du moins j’espère.

Quand je pense qu’il y en a qui croit que parce qu’on est au chômage on a plein plein d’aides,  et bien pour avoir été relativement souvent dans cette situation, je vous assure que non, ça ne marche pas comme ça, surtout quand on est seule, je vous le dis !!!

Le plus dure c’est de ne pas pouvoir s’acheter à manger comme on veut, ça c’est vraiment galère.

Et pourtant je ne me considère pas comme pauvre, j’ai juste trop de charges (les mêmes que celles d’un couple, sauf que je suis toute seule).

Mais bon je ne vais pas me plaindre, j’ai un toit sur la tête moi, des fringues pour paraître, genre tout va bien, et surtout je n’ai pas (encore) la guerre au cul…

Ouiiiin j’ai envie de chocolaaaaat noir !

Allez ma fille surtout continue à RE LA TI VI SER !

Suis en déroute totale, un vrai désastre !

Oups cette fois c’est la marde ! j’ai raclé le cochon, les fonds de tiroirs, le porte monnaie, et voilà ce qu’il reste:

sousous

Même le compte est lessivé, plus assez pour payer le loyer, les impôts (ben oui j’en paie encore),  et ces putains de factures SFR.  Ouf le reste est passé c’est déjà ça, surtout la mutuelle santé…

Je parle même pas des frais de santé qu’il a fallu que j’avance et qui vont m’être remboursés grâce à cette fichue mutuelle que j’ai du reprendre  pour assurer mes arrières, surtout dans mon état. Saloperie qui me coute les deux bras.  Mais bon les frais ne font qu’entrer sortir, ou l’inverse…  C’est déjà ça.

Mais bon dieu c’est la marde, me voilà de nouveau dans la catégorie des pauvres !Plus de charges que de revenus comme la plupart des français.

J’en suis à me demander si je ne vais pas revendre ma voiture pour combler une partie du crédit…. Mais ici sans bagnole…. déjà en étant seule.  Pfffff…

Bref c’est la grosse marde ! comme disent les canadiens !

Tiens ça me fait penser à une connaissance à la retraite, chanceusement nantie elle, qui me demandait sur un ton  outrecuidant :

Mais comment peut-on se mettre dans des situations pareilles ?

Mais le chômage, chère madame, le chômage  ! ça peut tomber sur n’importe qui ! En plus la dessus il suffit de tomber malade et c’est la fin des haricots !

Bon allez j’avoue tout, il me reste encore 3 tickets restaurant à 8€, une vraie richesse ! c’est la teuf !

Quand je pense que certaines connaissances savoyardes que j’ai revu en de triste circonstances se sont imaginées, comme je m’étais expatriée dans le Sud depuis plusieurs années, que  je vivais à Nice pétée de tunes, villa tout confort et j’en passe. Ah mais mouaaaarf quoi !

Nan nan les gars, remettez les pieds sur terre, et rangez votre jalousie mal placée. J’ai pas gagné au loto. Je vis à Montpellier, du côté des pauvres,  entre le petit bard et la paillade dans un hlm, et croyez moi les années de  chômage, de resto du cœur et le frigidaire vide je connais.

2015-06-29 14.36.45

Çà calme hein !!!!

Je parle même  pas de ceux qui savent, qui ont honte de moi, et qui m’évitent soigneusement des fois que ça soit contagieux, et puis ça fait désordre un pauvre dans ce monde du paraitre.  Si si j’en connais !

Bande de nazes !

Dans quel état j’erre

Ces derniers temps je me suis tue car je n’avais pas particulièrement envie de raconter des choses déprimantes ici, vu que j’en avais déjà pas mal racontées il y a quelques années en arrière.
Seulement voilà, les choses de la vie ne sont pas toujours aussi joyeuses qu’on le souhaiterait, et avant de craquer complètement en me laissant glisser dans ce trou noir sans fond, je me dis que ma foi, à défaut d’une épaule compatissante, mon blog est quand même mon exutoire. Aussi ça me ferait peut-être pas de mal de me vider un peu.

J’aurais certes préféré annoncer des nouvelles positives mais le monde des bisounours ne m’a définitivement pas ouvert ses portes. Et de toute façon je suis trop factuelle et terre des vaches pour rentrer dans ce monde.

Donc « tout va bien », je suis toujours au chômage, je touche 57% de mon salaire et puis c’est tout. Pour ceux qui croyaient que j’allais avoir des aides toussa toussa (C’est ce qu’on m’a balancé à la figure en me virant), et bien non ! (ça se voit que ces gens là ne se sont jamais retrouvés au chômage hinhin !).
Comme de bien entendu j’ai du prendre une complémentaire santé, j’ai donc plus de charges qu’avant pour beaucoup moins de revenus, c’est super cool ! Mais je m’en fiche, pour le moment je tiens encore le choc. De toute façon j’ai plus l’habitude de faire partie des pauvres que des gens aisés.

Bref je disais donc que je n’ai toujours pas de boulot, et à vrai dire, arrivée à ce stade, et vu comment j’en suis arrivée là, je ne sais plus trop quoi chercher. Le dernier poste m’a achevée, et a surtout détruit ce peu de confiance en moi que j’étais arrivée à gagner non sans peine.
De plus avec ces lois d’espionnite aiguë de ces vilains chômeurs par Pôle emploi, ça me coupe encore plus la chique ! Rien que de savoir que je peux avoir quelqu’un qui mate sournoisement tout ce que je fais me coupe toute envie de faire quoi que ce soit. Et oui j’ai toujours eu du mal à agir quand j’ai quelqu’un qui zieute dans mon dos! ça me fige, ça me bloque carrément, pas bon quoi !

Sinon à part ça la santé comment ça va ? et bien c’est le bordel. Mon corps m’a lâchée, fallait s’y attendre ! Et toute seule j’ai de plus en plus de mal à gérer ma mobilité, du coup je m’enferme de plus en plus. C’est con mais c’est comme ça ! De plus, avec des généralistes qui ne sont plus que des gares de triage et des spécialistes qui ne connaissent que leur spécialité, le corps médical en devient de plus en plus incompétent, du coup pour trouver le bon diagnostic et être soignée convenablement c’est galère !
Mais je ne peux pas trop parler de tout ça avec mes proches parce qu’autour de moi, entre ceux qui n’aiment pas qu’on les ennuie avec des histoires de maladie et ceux qui ont pire, je fais avec.
Et oui, les mauvaises nouvelles de santé des uns et des autres tombant mois après mois, 2015 est définitivement une année noire. Nous sommes cernés par les cancers, opérations, maladies chroniques douloureuses et j’en passe.
Donc par respect pour ceux qui n’ont plus que le choix de profiter de leurs derniers bons moments de vie, je ferme ma bouche et garde mes douleurs, inquiétudes, et ras le bol de cette vie pour moi. Bref Tout va bien, je vais bien !

Me reste plus que mon blog, ce fidèle compagnon, pour lui confier entre deux larmichettes dans quel état j’erre. Pas top quoi !

Ouf je vais mieux !

vous faites quoi ? z’êtes dans quoi ? heu…

Et voilà c’est reparti, me suis remise à réseauter en participant aux soirées business montpelliéraines que j’avais un peu laissé tomber ces dernières années puisqu’en poste ; l’occasion de retrouver avec plaisir des connaissances qui ont suivi mon cursus depuis 10 ans voir plus, et qui sont bien désolées  de mes mésaventures récentes, mais aussi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes.

Et c’est là que ça coince, parce que comme de bien entendu la première question que ceux qui ne me connaissent pas me posent est, « Vous faites quoi ? » ou « Vous êtes dans quoi ? ».

Aie ! que répondre ? Je me retrouve quasi dans la même situation qu’en 2009 quand on me demandait « quel est votre métier ?  » . Ce qui me laissait coite faute de savoir quoi répondre à force de passer d’un job à l’autre.

Le « Vous faites quoi ? » d’une inconnue m’a donc désarçonnée. J’allais quand même pas lui répondre qu’à l’instant T je suis au chomdu et que je cherche du taff, ça fait vachement tache et bonne à rien dans une soirée pro ou il y avait une majorité d’entrepreneurs et de gens créatifs (des femmes surtout) qui vivent de leur art.

Et pour le « Vous êtes dans quoi ? », pffff ben…  vais pas leur dire non plus dans la rédaction technique,  ça catalogue tout de suite, alors que c’est un job que j’ai fait un certain temps parce que pas autre chose sous la main… pas le choix quoi ! Et puis vu la tournure des choses c’est même pas sur que je reste là dedans.

Bref, comment leur dire à tous ces gens là qui veulent absolument me mettre  dans une case que je suis surtout en recherche de moi-même et qu’on ne peut pas me cataloguer, que j’ai toujours  fait mon possible depuis des années, et que ma foi, bourrée d’expériences, je suis complètement adaptable et inclassable .

Certes j’en ai sous le capot, mais qui suis-je ?  dans quel état j’erre ? que dire ? que répondre ?  Grand vide sous le chignon quoi !

Fin de l’histoire, salut Pôlo me revoilà

Changement de hiérarchie, restructuration des services, autres besoins en raison de mouvement de personnel, du coup on n’a plus besoin de mes compétences mais de celles d’un technicien, manuel, bricoleur, qui sache accessoirement rédiger. Et hop, avant que j’ai eu le temps de comprendre ce qu’il m’arrivait, me v’là donc au chômage !
Et oui, à 17h30 mon employeur a brutalement mis fin à ma période d’essai sous le prétexte que mon profil ne collait plus, sic ! Malgré mes compétences rédactionnelles, ma compréhension de l’anglais, blablabla… fin de l’histoire, je suis invitée à ne pas revenir demain, signez là et rendez votre badge, au revoir madame ! Même pas pu terminer le travail en cours, ou dire où j’en étais, ils ne m’ont laissé aucune chance, humanité zéro !

Ce qui s’appelle prendre une grand coup de poing dans le ventre par surprise, k.O. ! Quoique j’aurais du me douter que quelque chose se tramait, les gens ne me regardaient pas en face, et me parlaient à peine, bref ambiance plus que lourdingue difficilement supportable.

Pourtant ils sont venus me chercher, ils m’ont débauchée d’une autre boîte parce qu’ils voulaient quelqu’un avec mon profil justement !
Ah mais oui suis-je bête, ce n’était pas la même hiérarchie, ni la même organisation de services, ni les mêmes besoins. Le supérieur qui a accepté mon embauche renouvelle son arrêt maladie depuis des mois pour tirer jusqu’à la retraite, du coup je ne l’ai pas revu depuis mon entretien d’embauche l’année dernière ; la nana des RH qui m’a tartinée de compliments à la même époque non plus ; et la sous chef qui est venue me proposer le poste alors que j’étais en fonction ailleurs (sic !), du genre manipulatrice et béni oui oui avec ses supérieurs, oscille selon le sens du vent, du coup on ne sait jamais ce qu’elle pense… Bref embauchée par 3 personnes, virée par 2 autres.

Anéantie, choquée, honteuse, diminuée et personne avec qui en parler sur le coup, suis rentrée tremblante et en larmes. Mon premier contact a été Pôlo en ligne, histoire de me réinscrire vite fait sur le chemin de la précarité. Et oui là, zéro indemnité en vue, faut pas perdre de temps…

Et maintenant ? Et bien je ne sais pas, plus rien ne me retient nul part, le début d’une nouvelle vie ailleurs why not ? Mais je frôle la soixantaine, et plus beaucoup d’espoir en grand chose…
Je ne sais pas, pas encore envie d’en parler, pour le moment je suis un peu perdue…

Quinquas au chômage gardez espoir !

Ça, il faut absolument que je le signale pour redonner  espoir aux quinquas qui galèrent au chômage depuis des lustres à cause de leur âge.  Alors que j’ai 58 ans une boîte est carrément venue me proposer un poste alors que je suis déjà en poste ! parfaitement !

Quinqua moi-même donc, j’ai longtemps subi la discrimination par l’âge sur le marché du travail, d’ailleurs mon blog a largement été l’exutoire de cette longue période d’une bonne dizaine d’années de précarité et de pauvreté.
Et bien figurez-vous que le miracle a commencé il y a 3 ans quand j’ai enfin décroché un CDI dans une entreprise qui se fichait pas mal de l’âge que j’avais, tout ce qui l’intéressait était mes compétences. Oui enfin une !
Et en cette fin d’année, alors que je pensais y finir ma carrière médiocrement sans espoir d’évolution, j’ai été approchée  par une autre structure un peu plus grosse qui voulait absolument embaucher quelqu’un de mon âge, une senior, et pas un jeune ! et surtout moi ! oui oui oui !

J’ai donc accepté la proposition, vous pensez bien. Et après avoir passé avec succès les entretiens (j’avoue, il est plus facile de passer des entretiens quand on ne cherche pas que lorsque l’on galère au chômage, on a le stress en moins), je vais donc commencer  une nouvelle carrière dans cette boîte dès janvier alors que je frôle les 60 ans ! Elle est pas belle la vie !

Comme quoi tout peu arriver. 10 ans de précarité pour cause de senioritude aigüe, et boum un CDI et reboum 3 ans plus tard encore un CDI, en plus sans chercher cette fois. Comme il me reste encore 9 ans à tirer avant de pouvoir partir à la retraite avec le taux plein, ça me sauve quelque peu les épinards.

Alors pourquoi veulent-ils absolument une quinqua comme moi, me demanderiez-vous ?
Et bien humilité, authenticité, capacité d’adaptation et compétences  étaient les critères qui faisaient partie des conditions d’embauche. D’après les RH, je répondrais haut la main à ces critères, avec en plus mon envie d’apprendre qui les a séduit. A priori ils seraient tombés jusque là sur de jeunes « je sais tout » imbus qui ne savent rien et qui auraient un peu trop tendance à se la péter pour pas grand chose, et ça, ils n’en veulent plus ! Alors tant pis pour les arrogants et tant mieux pour moi.

Donc espoir les quinquas ! tout peut arriver.

Bon ok, ça dépend beaucoup du secteur d’activité aussi et j’ai du me réorienter. Fini donc les secteurs de l’informatique, du multimédia, et des hautes technologies qui considèrent que les plus de 45 ans sont trop vieux pour mériter un poste, bref « périmés ». J’ai donc basculé vers d’autres secteurs très éloignés orientés fabrication d’équipement médical, et d’instrumentation scientifique et technique. Autre job, autre secteur donc, et ma foi des portes se sont peut-être fermées, mais d’autres se sont ouvertes, tout n’est pas perdu.

Espoir donc ! quinquas/sexas, seniors du marché du travail, l’aventure professionnelle peut encore continuer. Ne désespérez pas, elles sont rares certes, ces entreprises qui regardent compétences et capacité d’adaptation de ses futurs collaborateurs avant leur âge, mais elles existent ! Bon certes, pour trouver il faut surtout chercher du côté des multinationales que des structures purement françaises. Et oui, il faut bien l’avouer, question mentalité, ça ne s’est toujours pas amélioré dans ce pays, loin de là !

Message aux médias & politiques qui déblatèrent sur les chômeurs

Purée plus je les écoute les uns et les autres parler du projet de referendum de Sarko, plus ça m’énerve ! A les entendre tous, on dirait qu’il y a des tonnes d’offres d’emploi, que ça pullulent dans tous les sens, et que les chômeurs font la fine bouche devant, et ne répondent pas aux offres.

Non, non, Médias, politiques, et tutti quanti, c’est pas comme ça que ça se passe dans la vraie vie. Je vous rappelle juste, puisque vous n’avez pas l’air de le savoir, que ce ne sont pas les chômeurs qui décident de leur embauche dans une entreprise, mais ce sont les employeurs ! oui oui !
Ce ne sont pas les chômeurs qui refusent les offres. Ce sont les employeurs qui décident s’ils convoquent ou pas à un entretien un chômeur qui a répondu à une offre. Et qui décident ensuite de son embauche ou pas ! et oui !

Le mec (ou la nana), s’il n’a pas le profil pile poil que veut l’employeur pour le poste (âge, sexe, origine, compétences et tralalala), même s’il a fait la bonne formation, même s’il montre toute la bonne volonté du monde, il ne sera jamais convoqué ! L’employeur a le choix, il ne reçoit pas qu’un CV. Encore une fois, c’est lui qui décide, pas le chômeur !

Alors arrêtez de dire n’importe quoi nom d’un chien, et d’inverser les rôles sans arrêt en faisant culpabiliser les gens qui n’ont pas de boulot et qui répondent aux offres ! Arrêtez d’envenimer cette histoire de referendum insensé, en attisant les jalousies mal placées de ceux qui ne savent pas encore ce qu’est le chômage. Vous allez finir par faire exploser les français entre eux !