Il y a 20 ans, je me souviens

Je me souviens rarement où j’étais, ou ce que je faisais au moment d’événement précis  du passé, mais je me souviens très bien où j’étais le 31 août 1997.

Durant les mois d’été de cette année là, j’étais à Taverny dans le 95, en centre de rééducation fonctionnelle et de réadaptation.

Je me souviens de cette montée d’angoisse quand j’ai découvert au sortir de l’ambulance les bâtiments vieillots dans lesquels on allait m’enfermer, des larmes que j’ai versées tellement j’ai eu l’impression de retourner à l’internat.

Je me souviens de ces personnes autrement plus traumatisées que moi par leurs accidents ou agressions, qui essayaient courageusement de se reconstruire et de surmonter leurs blessures.
Je me souviens de cette gardienne d’immeuble dont les pieds avaient été tranchés net à la hache au niveau des chevilles par un fou .
Je me souviens de cet infirmier au corps brisé en mille morceaux à coups de barre de fer par un drogué en manque, alors qu’il était de garde de nuit. Un traumatisme cérébrale lui avait en plus fait perdre la tête.
Je me souviens de ce couvreur tombé d’un toit à moitié paralysé.
Je me souviens de la tristesse de cette tahitienne corsetée qui n’avait pas eu d’autre choix que de quitter son île et sa famille le temps de retrouver une mobilité à peu près correcte.

Je me souviens de toutes ces tiges de fer qui dépassaient de ces corps brisés et reconstitués, des cliquetis qui raisonnaient dans les couloirs, des cris de douleurs, des gémissements, mais aussi des rires, des courses de chariot, des batailles de béquilles…

Je me souviens de cette infirmière de nuit pas très sympa, de l’heure de la piqûre où tout le monde se mettait au garde à vous le ventre à l’air.

Je me souviens de ces séances de bain écossais, si douloureuses et si inefficaces…

Je me souviens du passage sonore du Concorde au-dessus de nos têtes tous les jours à la même heure dont il ne fallait surtout pas louper d’admirer l’élégance !

Je me souviens de l’heure des infos où nous garions chariots et béquilles devant la télé, seul moment où nous découvrions ce qui se passait dehors.

Et c’est comme ça que le 31 août 1997 nous avons appris, avec consternation et sans vraiment trop y croire, le décès de Lady Diana.

Je me souviens que ce jour là, nous avons été très choqués par les images de l’accident. Et tous fragilisés par notre état physique et moral, nous avons laissé échapper des larmes sur sa triste fin.
Les circonstances de sa mort sont alors devenues le feuilleton de notre convalescence.

Les Aresquiers du matin

Une occasion de dormir aux Aresquiers me tombe dessus à 10h du soir pour profiter du lever du soleil, et hop je saute dessus. C’est mon côté dingo.

Comme j’adore me baigner dans la mer la nuit, j’en ai profité pour faire ma trempette de minuit. Ouais une trempette parce que l’eau était quand même un peu fraîche hier pour faire un grand plouf.

Mais quel pied de s’allonger ensuite dans le sable doux pour admirer le ciel étoilé jusqu’à s’assoupir.

Pour le lever du soleil, je l’ai un peu raté, j’étais encore endormie.

Par contre la plage des Aresquiers le matin de bonne heure, c’est vraiment top ! Que des locaux qui se connaissent, tranquillité, blablatage, siestage, trempage, bronzage… jusqu’à midi quand les touristes arrivent. Là on cède la place à la foule des estivants chargée de glacières et de parasols,  et allez hop à demain, nous on file au frais !

C’est la deuxième fois que je vais à la plage des Aresquiers tôt le matin, et franchement je préfère cette ambiance paisible à celle du soir des after workers où se glissent toujours quelques mateurs et dragueurs qui ont toujours le chic pour faire des remarques déplacées sur les piercings, tatouages ou autres originalités  des uns ou des autres.

Et patatra boum par terre

Il y en a qui titube et qui se casse la figure parce qu’ils ont trop bu, et bien pas moi. Cette semaine j’ai pas arrêté d’être entre deux eaux en ne buvant que de l’eau, c’est un comble.

Avant hier je titube pour la énième fois, mais cette fois rien pour me retenir et bing me voilà par terre entre le canapé et le mur. Bien sûr je mets un temps fou pour me relever, mais tout va bien rien de cassé.

Et hier rebelote, je fais pire. Je titube et patatra, boum par terre, je m’écroule  entre un meuble et une grande plante, cassant net en son milieu la branche maitresse (rip), et me retrouvant ko par terre le pot entre les jambes et le dos contre le meuble, sonnée.

Bon je me ressaisis tant bien que mal, me relève comme je peux, constate les dégâts sans trop bien comprendre comment j’ai bien pu faire mon coup, et pourquoi j’étais dans ce coin de la pièce. Du sang coule sur mon oeil, rien de grave juste une égratignure au dessus de l’arcade, et sur le coin de l’oeil. Je tache  le lino en marchant, rien de grave, juste une éraflure sur le pied.  J’éponge, je nettoie, je désinfecte, je range,  je m’allonge, KO et mal au dos, mais tout va bien. Suis une dure à cuire, pas encore morte, raté !

Mais nom de dieu de nom de dieu, che se passa ? Certes, j’ai pas trop à manger en ce moment, mais mon corps a largement de réserves, c’est pas le manque de bouffe qui va me faire tituber et perdre conscience comme une ivrognesse tout de même.

Inventaire des médocs, et ayèèèèèè j’ai trouvé. C’est ce putain de Lyrica (traitement contre la fibromyalgie), je ne vois que ça. J’ai du faire un léger surdosage sans faire gaffe, le prendre une fois de trop, et bing je me suis pris tous les effets indésirables d’un coup, état de confusion, somnolence, démarche non coordonnée d’où les badaboums, et j’en passe…. Le bon gros poison quoi !

Allez hop stop le poison, repos total, et ça va aller tout de suite mieux !

Sérieux avec tous les effets indésirables de ces foutus médocs, je préfère ne plus rien prendre du tout, et ne m’occuper que de soigner mon œsophage, ça j’ai pas le choix, sinon je ne peux plus m’alimenter.

Enfin bref, tout ça on s’en fout de comment je vais, c’est juste histoire de meubler, j’ai rien à raconter de sympa en ce moment, je donne juste de mes nouvelles…

maj:

j’ai pensé après coup, vu que la température dans l’appartement stagne entre 31° et 35° depuis un bout de temps , qu’il n’était pas impossible que mon corps soit passé en mode coup de chaleur avec tous les symptômes qui vont avec. En plus je ne suis pas sortie m’aérer à la plage depuis 15 jours, du coup le problème de mes étourdissements et chutes viendrait peut-être bien de là. A suivre…

Ma bouillie de pain perdu pour caler

Cette fois, je racle les fonds des placards et du fridge pour trouver quelque chose pour m’alimenter. Rien  de ce qui reste ne me tente et il n’y a surtout pas grand chose.

Ah si miracle, il reste une moitié de baguette toute dure de la semaine dernière, et j’ai de quoi faire une super bouillie de pain perdu pour bien me caler l’estomac.

Donc je mets dans mon saladier :

  • de la boisson d’avoine, quantité au pif (Je ne digère pas le lait et je n’en bois jamais, donc quand je peux, j’alterne avec des boissons d’avoine ou d’amande. J’aime pas le soja, question de goût.)
  •  2 oeufs
  • un peu de gingembre en poudre, de la cannelle, et du sucre roux (Ça à défaut d’avoir à manger, j’ai toujours des épices dans mon placard.)

Et hop je jette dans le mélange le reste de baguette coupé en tranches jusqu’à ce que le tout s’imbibe bien. Ouais je sais, ça fait un peu patchoque,mais l’important est que ce soit bon.

Ensuite je transvase la mixture dans une poêle bien chaude. Je laisse dorer, et pcccchit en 5 minutes c’est prêt !

Achement bon c’te bouillie !

35° dans l’appart, j’ai pas de climatiseur, mais au moins j’ai de l’eau !

Aérer la nuit ; fermer l’appart en mode blockhaus la journée, c’est à dire dès 5h du mat avant que le soleil ne pointe le bout de son nez (oui je me suis levée exprès pour) ; mettre les ventilos en route avec des pains de glace dans leur axe … J’ai beau avoir fait tout ce qu’il faut en prévention de cette journée plus que chaude, rien à faire le thermomètre est resté coincé sur 35° toute la journée. C’est épuisant !
Le soleil tape sur le toit de l’immeuble qui n’est absolument pas isolé thermiquement pour supporter de fortes montées de chaleur. Je l’ai déjà dit dans mon précédent billet, et tout fermer ne change rien à ce qui se passe au-dessus de ma tête.

Alors bien sûr, il y a toujours les yakafokons qui balancent « mais je ne comprends pas pourquoi les gens n’installent pas des climatiseurs chez eux !  » gnagnagna !

Ben tout simplement parce que tout le monde n’est pas propriétaire d’une maison où il peut faire ce qu’il veut sur sa façade. Quand on habite en HLM on n’a pas le droit d’installer de climatiseur nécessitant une percée murale, et pas qu’en HLM d’ailleurs. En copropriété il faut demander l’autorisation de l’assemblée générale.  Et la réponse est la plupart du temps négative dès lors que l’installation affecte l’aspect extérieur de l’immeuble. et oui c’est comme ça !

Ensuite pour acheter un climatiseur, qu’il soit fixe ou mobile/portable, et bien il faut avoir les moyens. Moi je ne les ai pas ! Sans parler de la facture d’électricité qui augmente,  ces conneries coûtent chers voir très chers ! et les prix varient en fonction de la surface de la pièce à rafraîchir ou à réchauffer tant qu’à faire.

Ceci étant dit, je ne vais pas me plaindre.
Certes, je vis dans un immeuble non adapté aux chaleurs du sud, ce qui est un comble à Montpellier.
Certes, je ne peux pas m’acheter un climatiseur, et dois me contenter de ventilateurs et des moyens du bord.
Certes, il fait chaud, très chaud dans l’appartement et plus qu’il y a quelques années en arrière.
Mais moi j’ai un toit, et surtout j’ai de l’eau chez moi. Je peux prendre des douches froides et boire à volonté. Je peux m’étendre dans le plus simple appareil sur des linges humides pour rafraîchir la température de mon corps parce que c’est vital.

Les sans-abri eux n’ont rien de tout ça. Ils manquent d’eau. Ils ne peuvent pas s’hydrater. Ils ne peuvent pas se rafraîchir pour faire baisser la montée de la température corporelle. On n’y pense pas assez, mais le coup de chaleur est mortel. Une élévation au dessus de 40° et c’est le risque de l’œdème fatal au cerveau assuré, d’où la nécessité de pouvoir se rafraîchir. Non la misère n’est pas moins pénible au soleil, plus la température monte, plus les plus pauvres sont en danger mortel.

Alors je ne me plains pas. Dès que j’ai mal à la tête et que je me sens devenir chancelante, allez hop un verre d’eau et une douche froide !

N’empêche un vrai plan canicule s’impose de plus en plus, surtout dans les villes, sinon ça va être l’hécatombe sous peu, même si on a de l’eau chez soi…

(21h: encore 35°)

Plan canicule, ne sortez pas ! Heu si, les immeubles sont des fours !

Bon on est en Alerte Orange Canicule, faut suivre les consignes m’informe mon assureur.

  • Boire de l’eau plusieurs fois par jour pour éviter la déshydratation et les coups de chaleur, ok.
  • Donner et prendre régulièrement des nouvelles de vos proches.
    Heu ben ça non, c’est pas dans les coutumes familiales de s’inquiéter…
  • Maintenir son logement au frais en fermant les volets et les fenêtres la journée et en aérant la nuit, ouais ok.
    Et mettre les ventilateurs en route, des linges humidifiés devant etc… quand on n’a pas la clim, ok aussi !
  • Ne pas sortir pendant les heures les plus chaudes, de 11h à 21h.
    Heuuuuu de 11h à 21 h !!!! Mais les gens vont aller bosser quand ?  la nuit ?
    Et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester chez eux dans des appartements qui ne sont adaptés ni pour la chaleur estivale, ni pour le froidure de l’hiver, comment  vont-ils tenir ?  Parce qu’il  faut savoir que la plupart des immeubles du sud n’a pas d’isolation thermique, et qu’aucuns travaux d’amélioration ne sont prévus !
    Et oui, comment tenir quand il fait plus chaud dans l’appart que dehors à l’ombre malgré le respect des consignes, et qu’on ne peut pas installer la clim ?
    Comment tenir quand on habite au dernier étage d’un immeuble dont le toit n’est pas du tout, mais alors pas du tout isolé contre les assauts du cagnard et que la température monte à plus de 36° à l’intérieur sans aucun courant d’air possible ? Bon là suis arrivée à descendre à 34° avec ventilos à fond et serviettes humides (rectification 35° à 18h).
    On fait quoi ? on vit à moitié évanouie toute la journée sur le canap’ sans même avoir la force de tendre le bras vers la bouteille d’eau, ou d’aller jusqu’à la salle de bain prendre une bonne douche bien froide, ou on sort affronter Râ à la recherche d’un peu de fraîcheur ailleurs ?

Cette année, en période de canicule, j’essaie autant que possible de ne plus rester cloîtrée chez moi à agoniser, le cerveau ramolli par l’hyperthermie.
Je dis bien tant que je peux, parce que si  je suis trop affaiblie par la chaleur, je comate.  Bref quand j’arrive à sortir,  je m’éloigne de la ville avec ma tite auto, vers le bord de mer de préférence, où il fait plus frais, où il y a de l’air… et de l’eau pour se rafraîchir !
Bien sur je ne sors pas en plein midi. Bon ok suis au chômage en ce moment, je peux régler mes heures de sorties comme je veux, c’est probablement le seul avantage de la situation d’ailleurs.
(maj Ah ben là  aujourd’hui, raté !  la chaleur a gagné ! j’suis ko, mal à la tête, chancelante, incapable de conduire et marcher jusqu’à la plage, trop loin… Suis restée à agoniser dans l’appart. incapable de faire quoi que ce soit.)

Enfin bref, il n’empêche qu’on a un réel problème pour se protéger des fortes chaleurs dans les grandes villes, et surtout dans le sud où tout devrait être prévu pour. C’est un comble !
Les bâtiments, les logements, notamment sociaux ne sont pas conçus pour maintenir la fraîcheur à l’intérieur en été. Ce sont de vrais fours.
Et pire, rien n’est prévu pour les sans-abri. Hyperthermie, insolation, déshydratation sont leur lot quotidien en ce moment. Leur situation est pire qu’en hiver.
En ville, les protections solaires, les endroits frais et climatisés sont limités à certains lieux touristiques et aux centres commerciaux. Les quartiers sont invivables. Le béton et l’asphalte  font exploser les températures.
Tout le monde n’a pas accès à la clim et il y a même certaines entreprises qui l’interdisent pour limiter leurs dépenses énergétiques (les enfoirés), ou encore certaines personnes empêchent carrément leur utilisation car elles ne la supportent pas, et tant pis pour les autres (du vécu, improductivité et malaises garantis au boulot).

Comme ça va aller en empirant, je me demande si les municipalités, les syndics d’immeubles, etc vont se décider à faire le nécessaire un jour pour qu’on puisse tenir le coup. En tous les cas, courage les gens, parait que la température va un peu baisser la semaine prochaine !

Honnêtement je préfère l’hiver, au moins on peut se couvrir quand on a froid. Là à part se mettre à poil et la tête dans le frigidaire, c’est difficilement supportable. Que j’envie ceux qui ont la clim !