J’ai la phobie des tests psychologiques

Ca se dit ça, avoir la phobie des tests psychologiques ? non ?
Et bien moi quand on me demande de passer un test psychologique,  plus exactement psychotechnique, lors d’un entretien d’embauche, ça y est c’est foutu d’avance. Mon cerveau se bloque, je vois flou, le trac me bouffe, et je n’arrive plus à me concentrer sur ce que je dois répondre, surtout quand c’est chronométré, d’ailleurs c’est chronométré !

Autant les tests de personnalité conçus pour estimer le potentiel d’adaptation d’un candidat dans une entreprise par un jeu de questions/réponses, ça ne me pose aucun problème. Je complète ça tranquillou, authentique, sans calcul. Autant les tests psychotechniques, ça me bloque !

C’est dingue hein !

Le dernier que j’ai passé pour un entretien, ça a été une catastrophe, grand vide sous le chignon instantané.
Bon faut dire que je sortais d’une anesthésie générale, ça aide pas…
Bref j’ai juste rempli les tests verbaux, et le reste, les tests numériques et de logiques, j’ai carrément zappé.

De devoir passer ça, ça m’a gonflé, vous ne pouvez pas savoir à quel point ! Pas envie de jouer le jeu, pas envie de réfléchir, rien, nada, cerveau vide.

J’ai même pas demandé les résultats. Vu la quasi page blanche de mes réponses, il est évident que les RH ont du penser que j’avais un Qi d’huître.
Je ne les ai même pas relancés pour savoir s’il y aurait une suite ou pas à l’entretien tellement je suis consciente du désastre.
De toute façon la personne qui m’avait promis me rappeler ne l’a jamais fait. Suite à la lecture de mes non réponses, elle a du me prendre pour quelqu’un de complètement bête, inapte, et  incapable de raisonnement !

De toute façon, dès qu’ils sont chronométrés, j’ai toujours raté ces tests là. C’est une réalité.

Le chronomètre, ouais ! ça doit être ça mon problème ! C’est un bloqueur de cerveau chez moi. Et de savoir être jugée derrière encore pire !

Parce que des tests de logiques, de chiffres, de tout ce qu’on veut, j’en ai fait un paquet en jouant, du temps où on achetait les petits bouquins de jeux divers avec mots croisés. Vous vous rappelez avant l’heure des jeux facebook à la con. Et les doigts dans le nez je remplissais les grilles.
Bien sûr là il n’y avait pas de chronomètre et mon cerveau fonctionnait impec. Mais ce n’était que du jeu, je n’étais pas jugée sur mes réponses. Du coup j’avais toujours bon, bah oui !

Certes j’étais plus jeune, m’enfin je me demande si mon blocage sur ces tests psychotechniques imposés en entretien ne vient pas de réminiscences de la honte que j’ai ressenti en CM2. Une psy avait déclaré devant toute la classe que j’étais inapte pour passer en 6ème, justement suite à ce genre de tests chronométrés. Allez savoir…
Ou alors ça vient de ce test discriminatoire à l’embauche passé en 85, 50 dans une salle et 5 qui en ressortent pour un entretien, après lequel j’ai été éliminée sans espoir pour cet d’emploi. J’avoue être sortie honteuse également. Je me suis même sentie diminuée.

Bon de toute façon je déteste qu’on me fasse passer des tests psychotechniques en entretien, c’est dit !

Aïe, aïe, aïe, suis pas sortie du chômage avec tout ça, et je n’ai malheureusement que quelques dizaines d’années d’expérience en entreprises, et une excellente capacité d’adaptation. Mais ça, ça vaut plus grand chose aujourd’hui…

Rester chez moi ou partir ? mode cogitation

« Ah non reste chez toi, on ne veut pas de toi ici »

Cette petite phrase me tourne dans la tête depuis qu’on me l’a lancée en pleine figure alors que je disais peut-être revenir dans ma région natale. La plaisanterie si c’en est une a du mal à passer.

Décidément, facile aux lambdas bien installés de me balancer du « ne reviens pas », ou du « pars » !

Parce qu’on m’a balancé exactement l’inverse dans le sud, là où ma vie était déjà bien ancrée. C’était en 2010, je flirtais déjà avec le chômage :

 Tu devrais te faire une raison et partir ! 

Rester chez moi, partir… rester chez moi, partir… that is the question !

Pour le moment chez moi, c’est Montpellier. Mais les années passent et la situation ne change guère. Chômage, santé, solitude, ce trio infernal ponctue ma vie, et la retraite approche. Il faut que je trouve un job avant… que faire ?

Rester chez moi ou partir ? et partir où ? bref je n’avance pas.

Pour ma région natale, il va falloir que je me fasse une raison. Toutes mes tentatives de retour depuis les années 90 ont clapoté.
Ah des logements il y en a, pas de problème, je reçois des propositions, pas top mais j’en reçois.
Pour ce qui est du boulot, par contre, je n’ai pas de réponse.
Mais le « reste chez toi« , ou le « on ne veut pas de toi ici« , c’est pas la première fois que je l’entends, et ça, ça me refroidit.
Et puis maintenant chacun a sa vie, ses habitudes, ses amis. Pour tout le monde je suis partie depuis des années. Je ne fais pas partie du paysage, et il n’est pas bon revenir en arrière….
Donc, si c’est pour  recommencer à zéro perdue toute seule dans un endroit où je connais plein de gens, ça risque d’être encore plus dur que dans un endroit où je ne connais personne.

Finalement, tout bien réfléchi,  j’en reste à ce que je disais en 2010, voir même en 2006 sur la question de ma mobilité géographique, si on me propose le pont en or, boulot/logement/salaire n’importe où pour tenir jusqu’à la retraite, je pars. Toulouse, Bordeaux, Marseille, l’étranger, je pars.

En attendant je continue à chercher dans le coin boulot et logement. Oui logement aussi, parce qu’il me faudrait quand même un home sweet home sans escalier dans un quartier un peu moins isolé.

Dernière balade au dessus des vergers de Châteauneuf avant de rentrer #Savoie

Il y a un endroit que j’aime beaucoup du côté du bled, enfin de l’autre côté de l’Isère. Ce sont les hauteurs de Châteauneuf au dessus des vergers.
La vue sur l’Arclusaz, Saint-Pierre-d’Albigny, le château de Miolans et les montagnes environnantes y est superbe. Et l’endroit est vraiment idéal pour prendre un grand bol d’air de zénitude.

Ma petite fille m’y a donc emmené avec sa petite auto pour que je puisse me ressourcer un peu et prendre quelques clichés souvenirs avant de repartir pour le sud.

Voilà, cette dernière vision ensoleillée de la Combe de Savoie avant de retrouver mon home, sweet home et mon train train de solitaire était bien sympa !

Ce mélange de stress et d’angoisse qui me ronge

J’ai peur de la foule, je stress, j’angoisse. Ce week end je suis restée blottie en chien de fusil sur le canapé, essayant de dormir le plus possible pour ne pas penser, pour oublier.

Demain aura lieu la dernière cérémonie d’adieu, la plus importante, et j’ai le trac. Pourtant il va bien falloir y passer…

Il va y avoir un monde fou c’est sur. Il va falloir l’affronter, et j’ai juste envie qu’on me laisse tranquille avec ma peine et mon histoire qui n’a rien à voir avec celle que tous ces gens  ont eu avec lui…

J’ai juste envie d’être soutenue par ceux qui m’aiment, qui savent. J’ai juste envie de tranquillité, de soutien et d’affection…

Au secours papa, pour une fois aide moi à ne pas flancher, à rester digne jusqu’au bout, aide moi à retenir mes larmes, je suis si fatiguée !

Addendum à cette journée difficile et douloureuse : et oui mon père n’avait pas que 3 enfants mais bien  5,  dont un garçon !!!! (message pour les politiques qui ont un peu zappé les aînés…)

Muselée

Dans mon dernier billet je racontais dans quelles circonstances et dans quelle souffrance s’est éteint notre père. C’était tellement insupportable et douloureux pour sa famille de le voir ainsi souffrir sans que rien ne soit fait pour l’apaiser que je ne pouvais me taire tellement ça me rongeait.

J’ai du supprimer ce billet car les faits que j’ai raconté, la vérité donc, n’ont pas plu aux responsables des lieux concernés, au point d’ennuyer ma belle-mère dans son deuil. Et oui ils sont tombés sur mon billet, et ont trouvé honteux et inacceptable que j’entache leur réputation !

Bien que ma belle-mère, et pas qu’elle d’ailleurs, était complètement d’accord avec ce que j’avais écrit, puisqu’elle l’a vécu ; et bien qu’il n’y avait ni insultes, ni grossièretés dans mes écrits, contrairement à ce que la personne qui la contactée lui a dit ; en respect pour elle et pour la protéger ce billet n’est plus en ligne.

la vérité n’est pas toujours bonne à dire c’est bien connu, surtout quand on se retrouve dans la situation du pot de terre contre le pot de fer. Mais nous n’en pensons pas moins, et nous n’oublierons jamais dans quelles conditions est parti notre père.

En tous les cas certains feraient bien d’accepter de se remettre en question avant de s’attaquer aux plus faibles, surtout pour que ça ne se reproduise pas sur d’autres patients !!!

Mise à jour du 2 avril 2017 :

Aujourd’hui je viens de lire sur le Huffington post un témoignage sur le « mal mourir en France ». Nous ne sommes donc pas les seuls à avoir vécu cette horreur :

Mon père est mort dans des souffrances inhumaines et j’aimerais vous ouvrir les yeux sur le mal-mourir en France
Depuis le 2 février 2016, la loi Leonetti/Claeys sur la fin de vie prévoit de ne pas vous euthanasier mais de vous tuer lentement en vous assoiffant. Quelle cruauté!

Aussi j’ai remis en ligne ce jour mon précédent article en témoignage et en supprimant bien sûr le nom du lieu concerné : Cette clinique qui a achevé notre père.

Cette clinique qui a achevé notre père !!!

Bien sûr notre père n’était plus aussi vaillant, bien sûr il était devenu un vieillard à la charge de son épouse, mais il parlait encore quand il a été transporté d’urgence à la clinique pour de gros problèmes intestinaux. Il arrivait encore à se déplacer de son lit à son fauteuil, à lire, à écouter de la musique, à regarder ses émissions favorites à la télé, et surtout il a toujours eu toute sa tête jusqu’au bout.

Il devait donc être transporté dans une clinique qui le suivait depuis qu’il était dans le sud, mais malheureusement il n’y avait plus de place. Alors il a été transféré aux urgences de cette autre clinique qui l’a installé au 6ème étage dans un service qui ne correspondait pas du tout à ses pathologies.

Je me souviens des premiers jours où nous allions le voir, il s’exprimait encore clairement et il nous avait même réclamé qu’on lui branche la télé.
Quand les diététiciens sont venus, nous avions demandé à ce que les aliments soient moulinés car il ne pouvait s’alimenter normalement à cause de l’état de son appareil digestif, et nous avions précisé qu’il fallait l’aider à manger.
Nous étions encore confiantes, inquiètes mais confiantes…

Et puis les jours ont passé. Les médecins le gardaient pour lui faire des examens. Impossible de savoir quoi, ni pourquoi ! Impossible d’obtenir des réponses.
Chaque jour nous le voyions diminuer de plus en plus. Quand nous n’étions pas là, personne ne l’aidait quand le plateau repas arrivait. Les aliments n’étaient même pas moulinés alors qu’il ne pouvait plus mâcher ni avaler, tant sa langue et son œsophage le faisaient souffrir. Rien n’était adapté pour lui. La perfusion ne suffisait pas à l’hydrater. Il dépérissait à vu d’œil jusqu’à ne plus pouvoir ni bouger, ni parler. De jour en jour il se transformait en momie agonisante, affamée et déshydratée.

Et puis il y a eu ce jour où j’ai craqué. Son épouse ne pouvait venir pour des raisons administratives, alors je suis venue un peu plus tôt pour ne pas le laisser tout seul. Et là je l’ai trouvé assis sur son fauteuil, les bras ballants de chaque côté du corps, la tête tombante sur sa poitrine, les yeux fermés, prêt à basculer en avant. J’ai eu un choc terrible de le voir ainsi abandonné et en souffrance. J’ai cru qu’il était mort. J’ai rameuté infirmier, aides soignants, j’ai demandé à ce qu’ils le recouchent confortablement dans son lit, je leur ai dit qu’il était inadmissible qu’il le laisse ainsi dans son état devant son plateau repas alors qu’il ne pouvait même plus s’alimenter seul, et qu’il ne tenait pas assis. Ils m’ont alors demandé de sortir pour le réinstaller et lui remettre une perfusion.

J’ai alors appelé en larmes son épouse qui a compris que là ça n’allait plus. Elle a aussitôt contacté tous les enfants pour qu’ils viennent au plus vite.
Je suis restée près de lui en lui tenant la main. Il a gémi de douleurs tout l’après midi, je ne comprenais plus ce qu’il tentait de me dire. j’ai essayé de lui donner à boire. Il souffrait tant. Il n’avait aucun anti douleurs. rien, même pas un soupçon de morphine. J’ai fini par comprendre qu’il avait mal aux fesses à cause des escarres et pas que,  qu’il en avait marre, qu’il voulait rentrer, en finir. J’ai chopé le personnel soignant, exigé qu’ils lui mettent un matelas thérapeutique anti-escarres, qu’ils calment sa souffrance, que son épouse soit informée des résultats de tous les examens puisqu’il était impossible de voir le médecin. « Oui oui c’est prévu on note tout dans le dossier« .

Ce soir là quand je suis partie ils l’emmenaient passer un scanner. Je lui ai alors promis que le lendemain nous serions tous là et que nous ferions notre possible pour le sortir de cet enfer.

Le lendemain, mon frère et mes soeurs sont arrivés. Son état avait encore empiré… Il a été transféré dans le service médecine au 4ème. Là la prise en charge a été plus adaptée, l’infirmière était à l’écoute. Il a enfin eu le matelas qu’il fallait, des antalgiques, des aliments moulinés. Mais il était trop tard. Les 10 jours qu’il avait passé au 6ème étage de la clinique l’ont achevé. Ses reins étaient en phase terminale… Ils ne l’ont pas soigné, ils ne l’ont pas hydraté, ils ne l’ont pas alimenté, ils ne l’ont pas aidé, ils l’ont laissé dépérir, ils l’ont laissé souffrir le martyre sans le soulager.

Nous avons tous pris la décision de le ramener chez lui en HAD pour qu’il termine ses jours dignement avec des soins appropriés loin de ce cauchemar. Mais une fois à la maison, malgré la morphine trop tardivement prescrite,  il est parti le 30 janvier au milieu des siens après une dernière nuit de terrible souffrance .

Maintenant nous allons faire le nécessaire pour savoir  pourquoi ils l’ont laissé dépérir aussi rapidement dans de telles souffrances au lieu de le requinquer et de le soulager, alors qu’il était pleinement conscient !

Mise à jour du 2 avril 2017 :

Aujourd’hui je viens de lire sur le Huffington Post un témoignage sur le « mal mourir en France ». Nous ne sommes donc pas les seuls à subir une telle horreur, et je sais maintenant pourquoi mon père a été si mal traité.

Depuis le 2 février 2016, la loi Leonetti/Claeys sur la fin de vie prévoit de ne pas vous euthanasier mais de vous tuer lentement en vous assoiffant.

Putain de loi !!!!

Le témoignage sur le Huffington post : Mon père est mort dans des souffrances inhumaines et j’aimerais vous ouvrir les yeux sur le mal-mourir en France

Accords, désaccords et exclusion…

Dans la vie on ne peut pas toujours être en accord avec tout le monde, chacun sa vie, son vécu, ses expériences, son fardeau, et ma foi les divergences d’opinions font notre richesse. Et pour moi ce n’est pas parce qu’on n’est pas toujours en accord avec quelqu’un sur un sujet lambda qu’on doit se brouiller à vie…

Et bien je suis en train de découvrir en ce moment que des personnes m’avaient évitée pendant des années uniquement parce qu’une fois, il y a 15, 20, 30 ou 40 ans, je ne sais pas quand, j’aurais eu une « dispute » ou plutôt des désaccords avec elles !!!!!
Le pire est que je n’ai aucun souvenir de ces échanges prétendument houleux, comme quoi ça ne devait pas être très important.
N’empêche suite à ces désaccords, certainement mineurs puisqu’oubliés, j’ai quand même du subir une vie d’exclusion sans bien comprendre le pourquoi du comment. Punie la fille !

Je découvre tout ça ces jours ci, et j’en reste un peu comme deux ronds de flanc ! Tant de solitude pour si peu !

Mais bon, après tout c’est pas grave. J’ai toujours eu une vie dense et d’autres chats à fouetter que ces histoires du passé dont je ne me souviens même pas. Ressasser c’est pas mon truc. Que ces personnes n’aient pas su « pardonner » c’est leur problème pas le mien. Mais quand même c’est sacrément consternant, et j’avoue que ça m’a fait un peu de peine ! Enfin, tout ça est effacé, on n’en parle plus et on remet les compteurs à zéro…

Et puis même si je ne rentre dans aucun moule, après tout je ne suis pas un monstre, loin de là.
Surtout que lorsque chaque fois qu’on a besoin de moi je répond toujours présente, même si on me jette de nouveau après. ça m’est égal finalement.
J’ai toujours été comme ça, à l’écoute, prête à apaiser les conflits, à consoler, à servir d’éponge, avec le cœur et la porte ouverte, voir même un peu trop conciliante au dépend de ma propre santé.
D’ailleurs ça c’est un de mes défauts…

Il était une fois papa

Il avait eu droit aux honneurs lors de son départ en retraite en 2001.

Michel Ménart distingué – Le Dauphiné Libéré Savoie – 2001

A cette occasion il avait avoué avoir peu vu ses enfants tout au long de sa carrière consacrée uniquement aux autres. Ce n’est qu’à son dernier souffle qu’il a enfin pu les voir tous réunis.

Jusqu’au dernier moment, nous l’avons entouré de notre affection, et il est parti comme il le souhaitait, chez lui à la Grande-Motte où nous l’avions ramené, entouré de son épouse et de ses enfants.

Papa nous a quitté le 30 janvier 2017 dans sa 89ème année.

RIP, nous t’aimons tous !

La crémation aura lieu lundi 6 février 2017 à 16h au complexe funéraire de Grammont à Montpellier (Hérault).
La cérémonie civile aura lieu le 13 février 2017 à 14h au caveau des Augustins à Saint-Pierre-d’Albigny (Savoie), suivie de l’inhumation au cimetière communal à 16h30.