Covoyager à deux, pas toujours l’idéal

Tiens au fait je ne vous ai toujours pas parlé de mes vacances au Vietnam ! Et oui, pour tout dire j’ai beaucoup de mal à les digérer.

Non pas que j’ai été déçue par le pays, non. J’ai été très contente de le visiter du nord au sud. Certes ça fait beaucoup de bornes en 15 jours et changer d’endroit  tous les jours c’est crevant, surtout quand il y a des différences d’altitude et de climat. Mais c’était très bien organisé, très instructif, et les guides étaient supers.

Non pas que j’ai été déçue par l’organisme par lequel je suis passée, non. Il s’agit des covoyageurs, une agence de voyages pour célibataires et familles monoparentales, bref dédiée aux gens comme moi qui sont seuls et qui n’ont pas envie de partir seuls en vacances et payer le supplément single. Rien à dire donc sur le concept.

Bon ben alors c’est quoi le problème ?
Et bien voilà, au départ nous devions partir à cinq, l’idéal, mais malheureusement des personnes se sont désistées, et nous nous sommes retrouvées à… deux ! Le voyage aurait pu être annulé mais vu que nous avions déjà nos visas il a été maintenu, et vogue la galère…

Quand on part à plusieurs on trouve toujours quelqu’un vers qui se rapprocher, avec qui on a plus d’affinités que d’autres pour échanger. Mais à deux, là, quand on ne connait pas la personne, c’est un coup de pile ou face, ou ça passe ou ça casse. Et bien pas de bol ! Pendant 15 jours, 24h sur 24h je me suis retrouvée en tête à tête  avec une personne avec laquelle je n’avais aucun atome crochu, mais rien de chez rien. La vraie galère quoi ! Pourtant nous avions à peu près le même âge.

C’était le genre de personne au-dessus des autres, qui bassine tous les jours avec sa profession (libérale), incapable de s’adapter, qui râlait du matin au soir, pleine de manies bien chiantes, voir même de tocs, et qui ne supportait rien, ni personne. Il ne fallait pas faire de bruit, pas tousser, pas ronfler, pas respirer… ça agaçait madame.
Elle était capable de faire chier  pendant toute une nuit un compartiment entier dans le train  par ses râleries et bruyants soupirs parce qu’un mec la dérangeait par ses ronflements, mec qui ne dérangeait personne à part elle.
Elle pouvait sans problème réveiller tout un hôtel en claquant violemment la porte de la chambre à 5h du matin uniquement parce que nos voisins de chambre avaient  fait un peu de bruit en discutant la veille au soir sur leur balcon. Perso, même sans bouchon d’oreille je n’avais rien entendu.
Quand j’ai pris froid et que je me suis mise à tousser, ça a été le calvaire pour moi. Il y a même une nuit où j’ai du dormir par terre dans la salle de bain pour ne pas déranger sa seigneurie.
Réflexions, culpabilisation, parce que oui, chaque fois qu’elle voulait obtenir quelque chose, chaque fois que je n’allais pas dans son sens, son truc était de culpabiliser l’autre.
Ah et puis le fait qu’elle avait une meilleure condition physique que moi, ça je ne risquais pas de l’oublier. Pourtant, curieuse comme je suis, je suis allée partout, même quand il a fallu marcher des heures sous la pluie dans les rizières.

Au bout d’une semaine je n’en pouvais déjà plus, je voulais rentrer. Elle m’a pourri mon voyage !
La seule solution pour éviter les histoires et tenir jusqu’au bout a été pour moi de la fermer, de faire en sorte de ne jamais la contrarier ni la contredire, de toujours lui laisser la meilleure place, que ce soit le bon côté dans la voiture pour qu’elle puisse prendre ses photos, ou le côté fenêtre à l’hôtel et en bateau pour éviter les réflexions désagréables, ou encore la place avec la meilleure vue.

J’aime autant vous dire que pour être tranquille dans l’avion du retour, je me suis arrangée pour disparaître dans la foule au check in à l’aéroport de Hô-Chi-Minh-Ville. Bref on ne s’est pas dit au revoir et on ne s’est jamais revue. Tant mieux !! Elle m’a trop épuisée nerveusement.

Résultat des courses, covoyager c’est peut-être une solution pour les gens seuls, mais plus jamais je partirai en vacances à deux avec quelqu’un que je ne connais pas ! là je suis vaccinée !

Ah oui au fait, cette charmante personne se dit humble, et veut faire de l’humanitaire, mais surtout pas pour les enfants. Ben oui, c’est pénible les mômes, ça fait du bruit, ça se salit, ça bouge de partout… Bref comment dire ?

Histoire de bac, d’exams, de QI d’huître, de trac…

En cette période de Bac et de Brevet, me voilà à réfléchir sur les sujets que j’ai eu à l’époque. Et bien niet ! je suis bien incapable de m’en rappeler. Tout ce dont je me souviens c’est l’angoisse qui me tenaillait le ventre lorsque j’ai passé les matières du Bac, et surtout la nausée jusqu’au vomissement lors de ma matière la plus forte. J’ai d’ailleurs du la repasser à l’oral pour cause de malaise sur ma copie, bleurp ! enfin surtout pour cause de mauvaise note.  A part ça pfff ben pas grand chose d’autre.

Par contre, je me souviens que j’étais dispensée de l’épreuve d’EPS pour cause de genou, et oui je traine ça depuis toute jeune. Et je me souviens aussi très bien que mon père pensait que je ne l’aurais jamais ce fichu bac, trop nulle que j’étais.

Du coup, lors des résultats, j’ai mis un sacré moment à admettre que je l’avais pour de vrai, et mon père aussi d’ailleurs. Vu mon niveau plus que moyen, c’était tellement extraordinaire, exceptionnel, incroyable que je réussisse cette étape qu’une petite fête a été organisée à la maison avec des potes pour arroser ça. La seule qui ait été organisée en mon honneur d’ailleurs. Faut dire  qu' »ils » allaient enfin pouvoir se débarrasser de moi en m’expédiant vers de lointaines études, alors oui, ça se fête ce genre d’évènement  !

Par la suite j’ai passé d’autres exams, jusqu’au bac +4 même, et  ça m’a toujours rendue malade, bleurp !  Bien trop peur que mon manque d’intelligence soit mis en exergue noir sur blanc ou à l’oral.  Pourtant il fallait y aller. Même une course de ski, ça me rendait malade. Évidemment, je déteste toute sorte de compétition. Et je ne vous parle même pas de parler face à un public, l’horreur ! et le permis de conduire, même ça ! Mes jambes tremblaient tellement quand j’ai passé l’exam, qu’il a fallu s’arrêter le temps que ça se calme, la honte !

Je crois bien que cette trouille me poursuit depuis ce jour de CM2 où suite à des tests psychologiques, la psy m’avait déclarée qu’au vu des résultats j’étais bien trop bête pour passer en 6ème. D’après elle, je ne pourrais avoir que des difficultés. En clair j’avais le QI d’une huitre ! Je ne vous raconte pas l’humiliation. En plus cette conne a étalé sa science sur mon manque d’intelligence devant tout le monde. Sic !

Et pourtant je suis passée en 6ème. Mes résultats tout au long de l’année étant bons, il n’y avait donc pas de raison de me faire redoubler.

Ensuite, malgré cette médiocrité intellectuelle dont j’ai fait preuve ce jour là, pour cause de mal être dans ma vie d’enfant surement,  je n’ai jamais redoublé. J’ai eu mon brevet et mon bac ! J’ai même eu des résultats tout à fait honorables lors des autres exams que j’ai passé tout au long de ma vie. Pour une bécasse qui stresse au point de tomber malade chaque fois qu’elle doit être jugée sur quelque chose, c’est pas trop mal non !

Quand je pense à tous ces cons d’adultes qui ont contribué à faire de moi une introvertie, solitaire, souffrant de complexe d’infériorité, franchement je ne les remercie pas !

Quoi qu’après tout ça m’est égal, tant qu’on ne me demande pas d’être le leader de quoi que ce soit et de parler en public tout va bien, ça ne m’empêche pas d’avancer  transquillou dans mon coin. Et surtout qu’on ne me demande plus de passer un quelconque exam, je vieillis et mon QI… ben avec le temps il ne s’est pas arrangé, hinhin !