La bise !? sans moi !

S’il y a bien un truc qui m’agace dans ce pays, c’est cette manie de faire la bise à n’importe qui sous prétexte que c’est la tradition.

Tradition, mes fesses ! Je sens que je vais encore passer pour une affreuse asociale, mais moi je n’aime franchement pas faire la bise à des gens que je ne connais « ni des lèvres, ni des dents ». Faut d’abord que nous nous soyons un minimum fréquentés avant pour ça. J’aime déjà pas qu’on me touche, alors le léchage ou le frottement de figures non !

Il m’arrive parfois de rejoindre des groupes de gens pour la plupart inconnus juste pour une sortie occasionnelle. A chaque fois il faut passer par le cérémonial du bisouillage.
Imaginez le sketch quand il y a 20 personnes ne se connaissant pas ou presque qui se lèchent la figure : smack ! bonjouuur smack ! moi c’est machiiiine, smack ! bonjouuuur smack ! moi c’est biduuuuule, smack ! enchanté ! smack ! Et que je te supporte le rasage biscotte de certains mecs, les odeurs d’haleine pas fraiche, de tabac (berk!), de parfum prise de tête, ou encore les lèvres mouillées qui ne te donnent envie que de t’essuyer la joue ensuite, et j’en passe.
Désolé mais moi c’est non, je ne bisouille pas à tout va.

Parfois j’en refroidis bien quelques uns en refusant de tendre la joue, annonçant carrément la couleur la main tendue, « Desolée je ne suis pas une bisouilleuse« . Certains ont même refusé de répondre à ma main tendue et ne m’ont plus adressé la parole ensuite. Bof peu importe ! Au moins comme ça la sélection est faite dès le départ, les gens pas intéressants s’éliminent d’entrée tous seuls, haha !
Non mais sans blague, c’est vrai quoi! on n’a pas gardé les cochons ensemble, pas plus que les vaches ni les chevaux. La politesse n’implique pas de devoir coller systématiquement ses lèvres sur la joue de quasi inconnu(e)s.

La bise fait partie du toucher et c’est un acte affectif. Mon affection je la réserve à ma famille et à mes potes/amis/blogopotes, bref aux gens que j’aime, que j’apprécie, que je côtoie régulièrement, avec qui j’ai des échanges réguliers, et c’est tout ! En dehors de ce cercle là, c’est bonjour ou salut accompagné ou pas d’un bon serrage de main. ça suffit largement !

Au boulot c’est pareil. Bien que beaucoup de mes collègues se bisouillent tous les matins, à part 2 ou 3 exceptions qui m’ont embrassée dès le début, et oh combien ça m’a paru étrange, je sers la main quand j’arrive. Et quand je croise dans la journée un groupe de collègues que je n’ai pas salués le matin, je balance carrément un tonitruant « salut la foule en délire !« . Ben ouais 😉 Et tout le monde est content !

Quand je pense qu’il y a des étrangers qui se posent des tas de questions métaphysiques à propos de cette prétendue coutume française de bise. Il n’y a qu’à lire tous les trucs qui trainent sur le sujet sur le Net, c’est dingue !

Mais bon sang, la bise ce n’est pas une obligation. Si vous n’avez pas envie d’embrasser les gens, si vous trouvez que c’est top intime ou que c’est berk ! et bien ne les embrassez pas ! Et tant pis pour ceux qui se vexent. De toute façon vous ne serez pas impolis pour autant.

En tous les cas, en ce qui me concerne, le léchage de pommes d’inconnus, c’est sans moi !

Dans ma tête

Dans cette vie pas vraiment choisie, bien qu’on me voit, je ne suis pas là. Non !
Mon corps est là bien sûr, puisqu’on me voit, mais pas ma tête.
Je vais au boulot, je fais ce que je dois faire, je réponds quand on me parle, je discute un peu aussi, mais c’est comme si c’était quelqu’un d’autre.
Coupée en deux, l’esprit dissocié du corps, pas rassemblée, je regarde ce qui m’entoure avec un total détachement comme une spectatrice à peine concernée.
Et tandis que mon corps fait acte de présence réagissant par automatisme aux obligations, je m’évade de cette cage routinière par l’esprit.
A défaut de pouvoir la vivre en réel comme je le souhaiterais, je vis ma vie et je cultive ma curiosité dans ma tête.
Je l’alimente d’une multitude de pensées, de rêves, de lectures diverses, de technologies, de photos, de toutes ces choses que j’aime, que j’ai envie de découvrir, d’approfondir, de toutes ces choses que je ne peux partager avec personne, tant cette vie active où se trouve mon corps est à des lieux de ma tête.
Du coup, je laisse juste transparaitre une façade de solitaire pas très sociable, loin de qui je suis finalement, puisque déconnectée de cette enveloppe, ma vie est ailleurs, dans ma tête !

Y a de la vie là-dedans !
Y a de la vie là-dedans !

Première étoile

Je ne sais pas pourquoi mais ce matin j’ai pensé à ma première étoile en me levant. Très mauvais souvenir d’ailleurs, dont je garde un goût amer. Cette étoile je l’avais grandement gagnée sous un temps de merde, froid, neige, brouillard. Quand on est pitchoune le mauvais temps c’est plutôt angoissant. Et bien cette étoile, la mère d’une « copine » m’a obligée à la donner à sa fille qui n’avait pu la passer pour cause « d’entorse ».

Fille d’amis de mes parents avec qui nous passions des vacances à la Rosière en Savoie si je me souviens bien, je la détestais.
On me comparait toujours à elle. Regarde Trucmuche comme elle fait bien ci ; Regarde Trucmuche comme elle fait bien ça, elle ! Regarde trucmuche comme elle travaille bien ! C’est pas difficile, elle faisait toujours tout mieux que moi. Bref, elle était tout simplement le bien et moi le mal.

Ce jour de première étoile donc, sa mère a prétexté que si sa fille chérie n’avait pas eu cette « entorse », elle l’aurait eu son étoile, et surtout plus brillamment que moi puisque de toute façon elle skiait mieux bien évidemment. Donc il était légitime que je la lui donne, sous-entendu que moi je ne la méritais pas.
Ne me lâchant pas, et surtout soutenue par personne, je n’ai pas eu d’autre choix que de la lui céder. Sic !

Une fois quitté le lycée, je n’ai jamais revu ces gens là que l’on m’imposait, avec qui j’ai collectionné pas mal de mauvais souvenirs remplis de vexations, humiliations, et frustrations. Un jour, le petit monstre exemplaire m’a même balancé à la figure un serpent mort trouvé dans un champs, alors qu’elle connaissait ma phobie.

Et ces derniers temps, sa sœur est apparue dans ma vie via facebook. Ne l’ayant pas vu évoluer durant toutes ces années, bref ne la connaissant pas, j’ai découvert sa personnalité au travers de son journal. Imaginez donc une personne catho pratiquante accrochée aux lois divines, de droite, affichant sa haine du gouvernement actuel, et perdant rapidement son sang froid quand on n’a pas les mêmes opinions qu’elle jusqu’à en être insultante ; face à moi, athée, de gauche, dans le mouve de ce monde qui change, et essayant de temporiser tant bien que mal pour rester le plus tolérante possible. Rien à voir !
Bref après des tentatives d’échanges plus que difficiles sur l’actualité, puisqu’elle est venue donner son avis sur mon mur, je me suis retrouvée de nouveau à être le mal et elle le bien.
C’est de famille quoi !

Finalement, c’est peut-être pour ça que cette histoire si lointaine de première étoile a ressurgi de ma mémoire…

En tous les cas peu importe que je représente le mal pour ces gens là, au moins tout ce que j’ai, je l’ai vraiment gagné par moi-même et pas en le prenant aux autres. Et ça ma foi, même si je n’ai pas grand chose, j’en suis fière.