Du bilan de compétences comme du contrôle technique …

Et voilà, j’ai terminé il y a une semaine mon fameux bilan de compétences préconisé par pôle emploi, et … sic ! Je ne peux m’empêcher de repenser à un fameux billet que l’une de mes amies avait posté sur un blog que j’avais créé en 2005, le Blog des sans boulot, où l’on pouvait raconter nos mésaventures de chercheurs d’emploi. Le blog est tombé en rade 2 ans plus tard faute de la motivation des rédacteurs, mais quand je relis les billets, ma foi, rien de changé.

Aussi je vais ressortir ce billet qui aujourd’hui est encore complètement au goût du jour :

Si lors de votre passage dans le sas des sans-emploi, pardon, des porteurs d’offres de services, vous avez déjà quelques heures de vol, mais pas l’envie ni les moyens d’aller voir un vrai psy pour identifier la panne dont vous êtes le héros, l’honorable institution du travailleur en panne, à laquelle vous avez longtemps cotisé, vous proposera l’incontournable bilan de compétences…

Pour faire une métaphore de bon aloi considérons que c’est une révision des 30 000. Vous posez votre CV chez un garagiste agréé et conventionné Anpe, voire Apec. Il va passer un moment à l’examen, contrôles techniques, tests, batterie, éclairage, moteur et diagnostiquer une éventuelle réparation, ou un autre usage de votre véhicule, voire, la casse. Il n’a pas le droit d’évoquer la fourrière avant 65 ans, mais peut facilement vous suggérer de prendre le bus ou d’aller à pieds car il n’a pas de véhicule de courtoisie à vous proposer en attendant…

Vous allez donc être reçu pendant des semaines pour cocher des cases ici et là, ressortir vos diplômes et vos états de service comme autant de vieilles factures prouvant que vous n’avez pas volé la marchandise et assuré la maintenance. Et puis vous allez répondre gentiment façon divan à des questions surréalistes et insidieuses. Une sorte de questionnaire de Proust remanié en langue de bois psycho-cognitive des marketeurs de l’emploi. Ils ont tous lu la pyramide de Maslow, (vous savez bien, les cinq étages de la motivation humaine…) à l’Anpe comme chez tous les DRH, alors ils vont chercher l’étage où vous êtes en panne. Car bien entendu c’est vous qui êtes en panne, ça ne peut pas venir d’ailleurs.

A la fin de quelques séances fastidieuses, le Consultant, c’est son titre officiel et c’est un prestataire externe – lequel a trouvé un bon filon, lui – va vous remettre un double feuillet qui prouvera à quel point vous êtes quelqu’un de bien sous tous rapports, sensible, artistique, habileté manuelle, raffiné sociable et cultivé, bref, plein de talents ! pour vous conseiller en fin de compte de faire chirurgien de la main (vous reprendrez bien dix ans d’études, non ?) plongeur dans le golfe persique ou Chef dans un gastro deux étoiles, mais… dommage nous n’avons pas de financement de formation adaptée à ces fiches métier.

Cette petite affaire vous aura occupé dix bonnes semaines, évité une radiation et pourquoi pas une dépression, et coûté moins cher qu’un psy ou même un astrologue. Mais point de vue résultats, ça vous renvoie vite dans les cordes de leur propre incapacité à gérer le problème.

En général, le bilan de compétences vous permet de vous apercevoir qu’ils ne sont pas compétents, même pour vous aider.

Un grand merci à SDR, l’auteur, qui a su traiter avec humour ce grand moment d’étalage d’incompétence qui ne profite qu’à ceux qui exploitent le filon.

En ce qui me concerne la formation qui m’a été conseillée durant ce bilan est celle de technicien de traitement de l’eau… parce que c’est à la mode en ce moment. Et comme je n’ai pas franchement accroché, vu le grand flou artistique que ça m’inspire, la seconde formation conseillée est un BTS assistant de gestion. Après un DUT de gestion informatisée des PMO et autres diplômes supérieurs, j’ai trouvé que ça faisait un peu désordre de revenir en arrière. Mais mon conseiller n’a pas compris ma bouderie face à sa proposition. J’en ai finalement fait qu’à ma tête, comme dab,et me suis trouvée une formation de perfectionnement en langages nouvelles technologies, exactement ce qu’il manque à mon cursus pour faire ce que j’aime, mettre les mains dans le cambouis du Web… Reste plus qu’à attendre les résultats des tests et entretiens pour savoir si je suis prise… cross the fingers !

Entreprises, allez zou on embauche du senior, sinon gare !

A partir du 1er janvier 2010, toute entreprise ou groupe d’entreprise d’au moins 50 salariés qui n’est pas couverte par un accord ou par un plan d’action relatif à l’emploi des salariés âgés est soumise à une pénalité financière équivalente à 1% de sa masse salariale à payer aux organismes de recouvrement des cotisations de l’assurance vieillesse.

Cette loi peut être lourde de conséquences pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui ne s’étaient pas encore préoccupées de l’emploi des seniors, mais les autres, les PME-PMI de moins de 50 salariés qui foisonnent en France, est-ce qu’elles vont changer leurs habitudes, ou continuer à rejeter les séniors en prétextant la crise comme elles le font aujourd’hui ?

En tous les cas, ça commence à bien faire ce cirque ! j’ai 53 ans, ça fait 10 ans maintenant qu’on se fiche de ma figure, que je rame entre de longues périodes de chômage et de boulots de courtes durées parce qu’on ne veut plus de moi, qu’on me trouve trop vieille, en prétextant la crise depuis le début de ce siècle. C’est du grand n’importe quoi, et elle a bon dos cette crise ! Il serait temps d’arrêter la casse et d’embaucher aussi les « seniors ». Non mais !