Mai 2008… Mai 68… 40 ans, et allez on y va, tout le monde en parle, tra la la… En ce moment, Il y a des tas de gens de mon âge qui étalent leurs souvenirs de mai 68 comme si c’était Le souvenirs de leur vie. Et bien pas moi. Qu’est-ce que vous voulez que je me souvienne de mai 68 ? C’était y a 40 ans ! et il y a 40 ans j’avais 11 ans 1/2 !
A l’internat, y avait pas de télé, pas de radio, pas de journaux. Les sorties c’étaient en rang 3 par 2 en file indienne. En classe c’était petites blouses, bien sages, pas bouger.. A l’école, pas de politique… Alors, le mois de mai de cette année là, j’ai pas vu de différence avec les autres mois… Tout ce que je savais c’est que les adultes s’agitaient et qu’il se passait des choses là-bas, loin dans cet autre monde qui s’appelle Paris. Et oui, j’avais un frère de 17 ans qui vivait à la capitale, qui pour nous était un peu, il faut bien le dire, comme un pays étranger à nos yeux. Et ce frère avait manifesté, lui, coupures de journaux avec photos à l’appui, sur un tas de pavés, etc. je vous en passe et des meilleurs…Mais c’est sa vie, ses souvenirs.
Et puis c’est tout ! Mai 68 s’arrête là pour moi. Rien vu, rien senti, rien vécu, rien compris au film à l’époque. Et puis, encore longtemps déconnectée des actus, les transformations je les ai vécu sans me rendre compte que c’était des transformations. Trop jeune que j’étais en ce temps là pour avoir du recul, je vivais l’évolution des mœurs, sans savoir que c’était une évolution… Tout ce que je pouvais constater, c’est que ceux qui me suivaient, les plus jeunes, étaient élevés, éduqués de façon totalement différente, laissez les vivre. Et parfois tant de différences me choquaient…. Alors je ne vais pas vous la sortir singe savant, du genre moi j’étais née, je me rappelle… ça ferait désordre.
Que les médias nous diffusent tous les 10 ans quelques documentaires sur les évènements mondiaux qui se se sont déroulés cette année là (Vietnam, printemps de Prague, grèves, manifs,… ) pour qu’on meurt moins con, c’est très bien ! mais arrêtons de nous gargariser de comparaisons avec mai 68. Une époque différente, des circonstances et des conditions de vie différentes, pourquoi toujours chercher des parallèles chaque mois de mai, là où il n’y en pas ! Parce que 40 ans plus tard, il ne peut pas y en avoir !
Allez hop, cessons de nous laisser endormir et ouvrons les yeux sur ce qui se passe aujourd’hui. Pensons à notre avenir plutôt ! Parce que c’est pas le tout ça, mais demain va falloir crouter avec pas grand chose.






"Parce que 40 ans plus tard, il ne peut pas y en avoir ( de parallèle )", dis tu.
Ben oui, c’ est exactement ce que dis Dany lui-même. Et même moi .. qui pourtant ai pris un coup de matraque rue de la Huchette !
Cela a existé, cela a changé beaucoup de choses .. dont celles que tu énumères, je parle des tenues scolaires de l’ époque, de la discipline.
Certaines en bien, d’ autres sans doute plus contestables.
Mais je suis d’ accord avec toi, pas la peine de le ressasser à chaque anniversaire. Quoique cette année avec Sarko qui a voulu le rayer de l’ histoire, j’ avoue que c’ est quand même tentant ! Rien que pour ..
Mais je te rassure, je n’ ai pas pris ma carte d’ "ancien combattant", ni rejoint un quelconque groupe nostalgique !
Cà fait partie de l’ histoire, de notre histoire .. point barre.
Et tournons nous vite vers notre futur, parce que je crains fort qu’ il ne soit pas si rose que çà ..
Un brin de muguet ?
Farpaitement
Mais avec plaisir (pour le brin).
Avoues que comme commémoration, c’est plus rigolo que les armistices ou les retours de déportation! "68" est revêtu d’une aura gauloise qui agite les croupions : l’insurrection face au père, le cul, l’idéologie avec droit de cité, etc. A notre époque très sombre (guerres, famines, exclavage, etc.) nous rêvons d’adolescence, d’espoir. Tu vois en 68, il y avait l’espoir d’un monde meilleur, qu’est devenu cet espoir aujourd’hui? En 68 on annonçait la crise du pétrole, aujourd’hui on nous annonce la fin du pétrole… Etc. Excuse-moi de prendre toute cette place, je ferais mieux d’écrire un billet!
C’est juste pour dire que le succès de 68 s’explique car le symbole nous touche profondément.
Ah vue sous cet angle, ça se défend…
Mais tu es toute excusée pour la place… tu sais que tu es la bienvenue ici et tu peux t’étaler.
En mai 68, j’étais en 5ème au collège Cavé à Levallois-Perret dans les hauts de seine, mon beau père voulait que j’aille en classe, mais moi je ne voulais pas , mais il m’accompagnait, arrivée devant le collège, nous étions partagées entre ceux qui allaient au manif et qui nous empêchaient de rentrer dans le collège et la directrice qui essayaient de nous faire rentrer, avec ma meilleure amie nous révions d’aller à une manif mais nous étions trop jeunes pour comprendre réellement ce qui passait !!!
@Franny
Si je ne me trompes pas, je devais être en 6ème… je ne me souviens même pas des manifs dans mon coin. Il devait y en avoir sûrement.
Salut Sophie
Les commémos ont toujours un côté gavant, celle des "événements" de mai n’échappe pas à la règle. Néanmoins je garde un excellent souvenir de ce secouage de cocotier salutaire. La France du Général n’était pas très Rock & Roll
"qu’est-ce que vous voulez ?" On entendait cette question dix fois par jour. Les réponses sont arrivées plus tard : la fin de la censure, l’avortement libre, les droits des femmes, la majorité à 18 ans, la liberté de l’information, etc.
C’est d’ailleurs bon signe que les réacs d’aujourd’hui (suivez mon regard) en pensent la même chose que ceux d’hier, il faut croire qu’ils ne l’ont toujours pas digéré, 40 ans après
Pour le reste, je comprend que ces histoires d’anciens combattants ne passionnent pas les téléspectateurs qui regardent quinquas et sexas raconter leur "guerre".
Bien sûr que ces évènements ont été salutaires. Ce qui est surtout agaçant, c’est ceux qui cherchent absolument à faire des parallèles chaque mois de mai…et à chaque manif de printemps, hop c’est mai 68 qui revient. Ben non ! Parce que comme tu le dis ce qu’on voulait en 68 n’a rien à voir avec ce qu’on voudrait aujourd’hui. D’ailleurs "Qu’est-ce qu’on veut aujourd’hui ?". De toute façon la situation n’a rien de comparable. La vie d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier.
Mai 68! 21 ans 1/2. Facs fermées, direction Séte avec Jocelyne, un mois de bonheur. Inoubliable!
héhéhé
Bonjour Sophie,
Mai 68 … 13 ans … en 4eme à Louise de Savoie !!! Bloquée à l’internat. Pas bien compris l’enjeu sur le coup. Il est important de se rappeler ces évènements mais cela depasse effectivement largement le raisonnable. commercial ???
Hello Mary, bienvenue sur ce blog…
Si t’était bloquée à l’internat, moi aussi alors ! Mais tu vois je ne m’en souviens même pas.
Quant au déraisonnable, plutôt pour détourner notre attention non ? Quand c’est pas des pipoleries, c’est des comparaisons avec autrefois, ou d’autres pays… Et en attendant les politiques nous roulent dans la farine et nous font avaler n’importe quoi. Anesthésiés que nous sommes !
Mai 68, 21 ans, en un gros mois j’ai appris la politique un peu, la parole beaucoup, le militantisme qui s’est épanoui ensuite dans l’écologie des années 70, j’ai atteint la majorité (21 ans à l’époque), j’ai eu mes premières relations sexuelles, et je n’ai aucune envie de commémoration. C’est mon histoire, et elle était belle.
J’espère que vous avez chacune et chacun la vôtre.
Ben moi…j’étais pas née
!